L'écriture, c'est la liberté de sélectionner les mots. De choisir le Quoi, le Où, le Pourquoi et le Comment. Libre de choisir.

Mes lectures

Ici, vous retrouverez mes principaux coups de coeur de lecture, les mots d’autres qui m’ont enthousiasmée, ont permis une nouvelle rencontre hors du commun ou tout simplement m’ont fait sourire, rire ou pleurer. Je n’ai pas la prétention de parler ici de critiques de livres, plutôt mes impressions de lectrice et le partage de bons et beaux moments de lecture.

 

Vendredi 19 octobre 2018

LES HUMAINS
De Dima Zales
Tome 1 Les machines de l’esprit
Tome 2 Cyber Pensées

Dima Zales est un auteur de bestsellers au classement du New York Times et de USA Today. J’avais été très impressionnée par sa série: Les dimensions de l’esprit (Tome 1 Les lecteurs de pensées et Tome 2 Les pousseurs de pensées). Pour moi, cette série rejoignait facilement les grands succès pour la force de ses personnages et l’originalité de l’intrigue. J’avais été habitée par son histoire pendant des mois, ayant beaucoup de difficultés à trouver intérêt pour d’autres livres par la suite. Alors, quand la série Les humains de Dima Zales est sortie, j’étais certaine de la lire et j’attendais la parution du 2e tome pour me lancer dans la lecture — car j’ai horreur d’attendre la suite d’une série et de ne plus me souvenir ou si peu de l’histoire du précédent quand enfin la parution arrive. D’ailleurs, je ne comprends pas les auteurs qui ne donnent pas de résumé des livres précédents dans leur série. Ça m’indispose vraiment comme lecteur. Mais c’est une autre histoire, revenons à nos moutons.

Dans cette série Les humains nous voilà vraiment dans la science-fiction. Nous sommes inondés de technologies. Il m’a fallu des dizaines de pages avant de me laisser prendre par l’histoire, près des trois quarts du premier tome. Les personnages ont pris du temps à se camper. Étrangement, j’étais surprise parce que les personnages sont la force de Dima Zales. Et ici, l’histoire a pris le dessus. Ou plutôt les aspects technologiques et scientifiques de l’histoire prennent le dessus, puisqu’ils campent un personnage, une entité en soi. Et c’est cette particularité qui prend peine à s’installer. Et c’est ce qui m’a indisposé tout le long de cette série. 

Il manquait la légèreté, l’étonnement des personnages dans cette série, c’est ce qui fait qu’on s’identifie dans une lecture lorsqu’on n’est pas férue de science comme moi. J’aurais voulu retrouver un peu plus de folie et un peu moins d’apprentissages dans cette lecture. Je n’ai pas pu me laisser couler dans cette intrigue. Il y avait de l’action. Beaucoup d’action. Mais peu de questionnements, de remises en question, de revirements de situations dérangeantes. Il manquait de l’émotion dans ce texte. Les relations d’amitié et d’amour sont trop calculées, il y manque la dose de folie et d’innocence qui teinte les relations humaines. Pourtant le titre était Les humains et je n’ai pas retrouvé dans cette série la spécificité, l’identité, l’âme des humains. Je n’ai tout simplement pas été touchée par ces livres. J’ai partagé des mots, des intrigues, de l’action, des événements. Mais il m’a manqué des rencontres. Je n’ai pas ressenti de contacts, de partage réel entre l’auteur et moi à titre de lecteur.

Il faut dire que je ne suis pas une adepte finie de la science-fiction. Je trouve que depuis quelques années, on côtoie trop cette science-fiction. On la rencontre souvent dans des petites et grandes découvertes de toutes sortes dans notre quotidien. Alors, je ressens peut-être moins le goût de la lire cette science-fiction. Mais je me laisse prendre par une histoire de ce genre quand j’y trouve mon compte. Et ce ne fut malheureusement pas le cas ici. Mais j’avais pourtant adoré les séries précédentes de Zales: Le code arcane, Oasis et Les dimensions de l’esprit, évidemment.

Les admirateurs de SF y trouveront peut-être de quoi se délecter, car ces livres sont touffus d’informations, de découvertes et de recherches. Et pour ce qui est de la vraisemblance et de l’amoncellement des trouvailles, vous devriez également être satisfaits. Personnellement, il m’a manqué le rêve dans cette lecture.

 

 

Lundi 24 septembre 2018
PERCHERON
Auteure: Fiona McIntosh

Tome 1 = Odalisque
Tome 2 = Émissaire
Tome 3 = La déesse

J’ai presque regretté d’avoir commencé ce livre. Dans le premier tome, les supplices infligés par le roi sont barbares et je m’en serais passé. Mais ils sont réels, historiques et crédibles. Heureusement, ils ne sont pas légion. Mais, leur description ne laisse passer aucun détail. Et j’en ai été profondément troublée. Mais dépassé ce dégoût personnel, on y découvre un monde très particulier: le harem. C’est vraiment exotique pour notre monde contemporain féministe. Mais le traitement en est juste, surprenant, j’y ai ressenti l’atmosphère étouffante, on y sent les odeurs, les ombres et les menaces continuellement présentes. J’y ai respiré, apprécié et goûté les richesses de l’Orient et j’y ai même ressenti dans mes papilles gustatives des saveurs réelles d’aliments typiques. De la belle et grande écriture. Fascinant.

Je n’ai pas aimé: sa trop grande violence, ses batailles trop détaillées dans leurs horreurs. Mais jamais gratuitement. On s’y sent mal à l’aise et ça ajoute à la lourdeur qui nous envahit et on voudrait pouvoir extraire le personnage impliqué de cet enfer.

J’ai tant aimé le sentiment d’urgence, l’intrigue essoufflante et ses personnages extraordinaires. Particulièrement, la bonté d’Ana, la vulnérabilité du guerrier Lazar et la duplicité de Hérézade. Les personnages de cette auteure sont toujours très complexes et raffinés. J’en suis époustouflée toutes les fois. On doit encore ici faire des deuils de personnages attachants. Mais on s’y attend parce que l’histoire ne peut être autrement et que les personnages sont très nombreux. Comme un auteur me conquiert d’abord par l’originalité de ses personnages, McIntosh me ravit toujours chaque fois davantage. Elle a ce talent inné de créer des personnages forts, intéressants, qui nous fascinent.

Chaque tome apporte son mystère et sa force. Mais le troisième nous essouffle dans l’urgence et la peur que l’issue soit impossible. Tout est très bien ficelé. Avec maîtrise et magnificence. 

J’ai absolument dévoré cette série, elle m’a conquise, car au début, le sujet du Harem ne m’attirait pas vraiment. Mais l’exotisme, l’originalité du point du point de vue et le désir de liberté des femmes suivies dans le roman m’ont vraiment accrochée et j’ai avancé de page en page, d’étonnement en ravissement. À lire, absolument.

 

 

 

Lundi le 27 août 2018
LES IMPARDONNÉS
Auteur: Jean-Sébastien Simard

3 tomes, 4 volumes

Résumé de FNAC

« Les Impardonnés ce sont quatre jeunes qui se destinaient à un brillant avenir lorsque subitement, ils deviennent criminels, sont bannis de leur terre natale et forcés de partir en quête pour obtenir le pardon et se repentir de leurs crimes.  Ce sont aussi trois jeunes hommes d’Église mandatés par les autorités religieuses de leur continent afin d’accomplir la même quête. Leur objectif commun : trouver l’Enfant sacré, celui qui a le pouvoir de sauver ou d’anéantir le monde. »

Ce qui m’a plu
C’est une très bonne histoire, des personnages intéressants, attachants et campés avec brio. Plein de surprises tout le long de l’intrigue et l’on voyage avec grand intérêt sur tout le territoire de l’histoire. Les rapports entre les personnages sont bien ficelés, on aime leur complicité et leurs intrigues. L’époque médiévale est bien cernée, on y a fait une excellente recherche. On retrouve même l’époque dans le langage des personnages. 

La recherche ayant été exhaustive et le soin minutieux apporté par l’auteur pour établir un territoire, des religions et des coutumes pour les peuples méritent mon plus grand respect. Cette série est excellente. L’avenir des personnages m’attachait vraiment et j’avais très hâte de savoir ce qu’il adviendrait de l’intrigue.  

Ce qui m’a déplu
Une trilogie sur 4 volumes…. NON! Le tome 1 est en deux volumes, ça m’a vraiment dérangé. Tu fais une série de 4 volumes ou tu fais une trilogie, il faut choisir. De toute façon, cette série aurait eu avantage à être réduite à trois volumes. Les deux premiers (1 tome en 2 volumes…vraiment?) recèlent beaucoup de longueurs. J’ai vraiment failli ne pas me rendre au bout de cette série, et c’est le 2e volume qui m’a découragé. Heureusement, la toute dernière partie du 2e volume a su m’accrocher. Mais il s’en est fallu de peu. 

Toutefois, à titre d’auteure,  je comprends la démarche de Jean-Sébastien Simard. On met un temps fou à camper les personnages, leurs histoires, et le monde qu’on crée. Mais justement, à titre d’auteur, il faut réaliser une chose: la recherche qu’on effectue est nécessaire à l’écriture, mais pas nécessairement pour le lecteur. Ici, dans cette série, on se serait passé de la longueur pénible de toute l’histoire des religions, des dieux les formant, de tous les enjeux politiques de chaque continent, etc. Même chose pour tous les détails sur l’histoire de chaque partie du territoire. Ce n’était vraiment pas nécessaire dans tous ces détails pour comprendre l’histoire et un peu pénible pendant la lecture, car il nous éloigne de l’intrigue. C’est tout cela qui a failli me faire décrocher. C’est uniquement par respect pour l’auteur et son acte d’écrire que je me suis accrochée, passant beaucoup de pages (en me sentant coupable) et essayant de m’accrocher plus loin, à une intrigue parfois oubliée.  On aurait dit que parce que l’auteur avait travaillé très fort à sa recherche et dans les moindres détails, il s’obligeait à tout nous livrer. Trois livres auraient suffi et l’auteur aurait ainsi amélioré le rythme de son intrigue. 

Dernier petit point négatif:  la carte géographique, sur la version numérique, dans chacun des volumes est tellement de mauvaise qualité que lorsque tu essaies de la grossir pour voir quelque chose, tout est brouillé et illisible. C’est vraiment une erreur récurrente d’édition. Une grande frustration quand tu veux suivre sur la carte les périples des personnages. C’est malheureusement un problème pour beaucoup de livres numériques.

Malgré mes bémols sur la longueur de cette série, elle en vaut vraiment la peine, je ne regrette pas ma lecture, l’intrigue nous tient en haleine la plupart du temps et dans le quatrième tome, le suspense est bien présent et la finale est très satisfaisante. Une belle plume, une recherche impressionnante. J’attends avec enthousiasme le prochain livre de cet auteur.

 

 

 

Samedi le 21 juin 2018
Brenda Drake, Série Library Jumpers, 2017, Édition Lumen.
Tome 1 La voleuse de secrets
Tome 2 La gardienne de mensonges
Tome 3 La briseuse d’illusions

Library Jumpers de Brenda Drake est une série jeunesse de fantasy, qui m’a enchantée, je m’y suis laissée prendre comme une jeune ado dès les premières pages. J’adore les personnages attachants, extrêmement bien campés, l’intrigue est dynamique, vive et surprenante. On finit un chapitre et on a juste envie de tourner la page pour lire le suivant.

Beaucoup de nouveauté dans le traitement, originalité dans l’univers parallèle, un bestiaire intéressant et des voyages surprenants entre les univers. J’adore l’explication du titre et de la magie du personnage principal. On y traite des changelins1, c’est génial, car ce n’est pas un sujet souvent traité dans les séries de fantasy. Les bibliothèques, comme lieux magiques par excellence, ça m’enchante et me fascine, j’aurais voulu avoir cette idée.On se retrouve très rapidement dans le vif du sujet et de l’intrigue. Même si plusieurs personnages interviennent dès le début, on s’y retrouve très facilement (ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas pour plusieurs auteurs-es). Lesdits personnages sont très bien campés et caractérisés et on les cerne rapidement et facilement. 

Très bien écrit, description animée et «visuelle». Le parfait exemple du Montrer plutôt que du Dire. Le deuxième tome est mon préféré, il est extrêmement enlevant. À plusieurs reprises, j’ai eu énormément de difficultés à fermer le livre parce qu’il fallait que je dorme. Je recommande la série chaleureusement. J’y ai pris énormément de plaisir (peut-être un peu trop… j’ai déplacé des séances d’écriture pour pouvoir continuer ma lecture).

Changelin: « Dans le folklore européen, un changeling ou changelin est un leurre laissé par les fées, trolls, elfes (ou autres créatures du Petit peuple) à la place d’un nouveau-né humain qu’elles enlèvent.» (Wikipédia)

 

 

Samedi le 19 mai 2018
Krystine Saint-Laurent, Nature et Ayurveda, Plantes, épices, recettes, rituels bien-être, 2018, Les Éditions de l’Homme, 342 pages.

 

Un des moments les plus heureux de mes acquisitions de livres, est celui de l’achat de la publication de Krystine Saint-Laurent: Nature et Ayurveda. Quel beau cadeau je me suis fait!

C’est un livre d’une grande qualité, tellement à l’image de son auteure. Les photos des grands espaces sont d’une zénitude certaine et me remplissent de paix. Ce livre est multiple et généreux: grande splendeur des photos, de la mise en page, contenu enrichissant. On y retrouve les recettes extras du chef Patrick Désautels, de l’émission Santé! La Vie! 

Les chapitres sont jumelés sur les principaux objectifs de Krystine Saint-Laurent dans sa vie: Se reconnecter, découvrir, observer, soigner, apaiser, nourrir, régénérer. Le sous-titre rappelle également le contenu: plantes, épices, recettes, rituels bien-être. Ce livre est plus qu’une simple publication, c’est une grande beauté en soi, procurant une richesse intérieure et un plaisir réconfortant.

Dès que je l’ai reçu, je l’ai feuilleté, amoureusement. Et l’acte de le lire est un rituel en soi, un moment privilégié, un instant que je me donne à moi-même comme nous invite Krystine à le faire, tout au long de ce livre: prendre soin de soi. Nous sommes dans un siècle de vitesse, d’éphémère, de performance et de pouvoir. Krystine nous redonne le goût de prendre le temps de prendre le temps. Et ce livre est la bible pour cela. Un grand bijou en soi. Un joyau. Je le mérite bien. Et vous?


18 avril 2018
Mes lectures d’écriture

Cette semaine, je veux vous faire part de mes principales lectures spécialisées en écriture qui me suivent et m’accompagnent depuis des années. Ce sont mes découvertes d’il y a des années et mes ressources actuelles indispensables. Dans mon métier d’écriture, j’y ai puisé la motivation, le pourquoi et le comment. Ces ressources sont majoritairement papier et se retrouvent tout près de mon lieu d’écriture. Rares sont les journées où je n’y fais pas un petit tour, ou que je ne retourne pas sur mes notes de lecture. Chacun·e choisit ses ressources permanentes, elles sont nécessaires pour tous, mais chacun·e détermine celles qui lui sont propres.

-1-

Jean Guitton, Le travail intellectuel, conseils à ceux qui étudient et à ceux qui écrivent, Paris, 1951, Aubier, Éditions Montaigne, 189 pages.

Ce livre n’est pas de toute jeunesse. J’étais étudiante en littérature lorsque j’ai lu ce livre. Je ne pense pas que ce livre ait été réédité ou mis à jour. Je ne l’ai pas trouvé. Malgré sa facture française et le côté sexiste de l’auteur, il y a une partie du discours de l’écriture qui ne change pas, malgré les époques. À retenir, entre autres, de Jean Guitton:

«Cherche le vrai. Ne dis que ce que tu crois savoir, te taisant,  sur le reste. Exprime-toi avec sincérité et rejette les mots d’enflure. Va au pur, au profond et à l’authentique. S’il t’arrive, ayant trouvé le vrai, d’avoir à le communiquer, fais-le de la manière qui sera la plus conforme à ta vérité intérieure.» 

-2-

Jean-Charles Falardeau, Imaginaire social et littérature, Montréal,   1974, Éditions Hurtubise HMH, Collection Renaissance, 152 pages.

Une belle analyse sociologique du roman signé par Jean-Charles Falardeau, un des tous premiers sociologues au Québec. Préface de Gilles Marcotte. Il existe une version électronique réalisée à partir de cet ouvrage (source UQAC). 

-3-

Noël Audet, Écrire de la fiction au Québec, Montréal, 1990, Éditions Québec/Amérique, 197 pages.

Audet parle ici du métier d’écrire, de la sueur de l’acte l’écriture. Mais on y parle ici beaucoup de la langue et du Québec. De notre spécificité, du désir de «décoloniser la littérature québécoise». C’est toujours d’actualité en 2018. Croire en notre langue, notre parole, notre couleur. J’adore ces discours sociologiques qui nous brassent la cage.

-4-

Jean-Benoit Nadeau, Écrire pour vivre, conseils pratiques à ceux qui rêvent de vivre pour écrire, Montréal, 2017, Québec/Amérique, 416 pages.

Un livre vraiment complet sur le métier d’écrire. Conseils pratiques, ressources, à partir de l’idée, jusqu’aux considérations légales de l’édition, tout y est. Un incontournable.

-5-

Claude Kannas, Le Bescherelle pratique de la langue française, le français au quotidien, Paris, 2003, Hatier, 671 pages.

Les Bescherelles m’ont toujours accompagnée, dès mon adolescence. Celui-ci est complet: dictionnaire avant tout, il contient des annexes sur les règles, la conjugaison, etc. Avant mon acquisition de l’application Antidote, c’était ma principale ressource du français pratique.

+++++

Il y a aussi un autre dictionnaire, extrêmement complet, que j’adore. Il est très convivial, on y retrouve plein de tableaux des principales règles, spécifique au langage du Québec, c’est mon coup de coeur des dictionnaires. Je l’adore. Tant qu’à moi, on devrait l’adopter dans les écoles.

Marie-Éva de Villers, Multidictionnaire de la langue française, Montréal, 2015, 6e édition, Québec Amérique, 1529 pages.

-6-

En collaboration, Thésaurus Larousse, des mots aux idées, des idées aux mots, Paris, 1991, Larousse, 1146 pages.

Le Thésaurus, vous vous en doutez, concerne les idées. Il est mon ami au tout début d’un nouveau projet, alors que je travaille le vocabulaire, le thème et le sujet d’un roman. C’est souvent avec le thésaurus que j’élabore grosso modo les éléments de mon intrigue ou que je trouve des idées d’articles pour mon blogue. Une richesse incommensurable.

À ne pas oublier: la bonne ressource, c’est d’abord et avant tout, celle qui te convient, comme le disait Jean Guitton, celle «qui sera la plus conforme à ta vérité intérieure». 

 

 

 

22 mars 2018 — Dominique Demers. Pour que tienne la terre. 2014. Québec Amérique. 424 pages.

J’aime revisiter les livres qui font partie de ma vie parce qu’ils sont beaux, uniques et précieux. J’en ai une pile, près de mon lit, que j’ouvre régulièrement et je relis plusieurs pages, celles que je préfère, qui m’ont touchée, qui me parlent. Un de mes préférés, c’est le livre magnifique de Dominique Demers: Pour que tienne la terre. Lors de ma première lecture, j’ai essayé de l’étirer, l’étirer, l’étirer, car je ne voulais pas que ça s’arrête. Et lorsque j’en ai terminé la lecture, avec une grande tristesse, il m’a habité pendant plusieurs semaines.

Pour que tienne la terre (quel titre fabuleux!), c’est dans mes tops 3 des plus belles lectures à vie. Une beauté d’approche, de senti. De la grande spiritualité. Ce roman m’a réconfortée, il m’a accompagnée pendant onze jours, comme une amie. Il m’a redonné espoir dans le genre humain, il m’a fait me réconcilier avec certaines gens que je jugeais un peu facilement. On y retrouve de la beauté, de la tendresse, un grand discours du silence. Pendant ma lecture, j’ai souri, j’ai pleuré, j’ai frissonné, j’ai eu mal et j’ai eu peur. Pour avoir écrit une telle symphonie, Dominique Demers a été en contact avec les grands de ce monde, elle s’est directement reliée avec la Vie.

Pendant ma lecture, j’ai eu l’impression de renaître. Elle m’a permis de vivre ce véritable « contentement » comme le dit si bien le personnage Thomas. J’ai particulièrement aimé la parlure et la folie de ce Thomas. Je me surprenais à écourter ma lecture pour en préserver davantage pour le lendemain, pour continuer à me bercer en silence de ce monde magique. Je me suis surprise souvent à relire et relire des scènes et des pages absolument parfaites! De la très grande littérature!

C’est certain que le fait que ce roman se situe dans mon patelin d’adoption, Charlevoix, il a touché une corde sensible en moi, mais c’est d’abord et avant tout l’écrivaine et sa plume qui m’a touchée si profondément.

Un bijou à offrir en cadeau à ses enfants, à ses amis, à soi. Mais aussi à plein de gens moroses, qui recherchent l’absolu, le rêve et la beauté. Car Dominique Demers a trouvé cette lumière et elle nous l’a donnée. À lire absolument.

 

 

13 février 2018 — Margaret Atwood, La servante écarlate. 3e édition. 2017. Pavillons Poche. Robert Laffont. 

 

Dès les premières pages, l’atmosphère s’installe: terne, nostalgique, oppressante. Le malaise d’une liberté occultée est palpable et constant. Peu ou pas de dialogue. Ce qui m’aurait habituellement rebutée, voire agacée. Car j’aime la proximité des personnages par le dialogue. Mais ici, la narration est vivante, active, personnelle et intime. Elle ajoute à la clandestinité, au silence, au malaise. L’écriture de Atwood est aiguisée, pointue, surprenante. Rien n’est oublié pour créer cette peur pesante, ce sentiment de toujours être surveillé, de se sentir continuellement à la limite de l’impossible, sur la frontière entre la folie ou l’abdication, sur la ligne infime de la conscience qui s’amenuise d’une journée à l’autre, ou se faufile vers l’interdit, en nous donnant des sueurs froides.

Heureusement, les retours vers le passé nous permettent de retrouver une respiration normale, essayant de retrouver une pondération et le rôle unique de lecteur plutôt que cette osmose dérangeante entre nous et ce personnage étrange, souffrant et suffoquant de servante écarlate. Atwood nous essouffle, nous fait craindre la suite, soupirer quand le pire a été évité. Les gestes et événements banals prennent de l’ampleur, de la présence, du sens dans ce monde de dénuement et de manque.

Une analyse chirurgicale des pièges du XXIe siècle et les dangers de dérives qui nous pendent au bout du nez si nous ne retrouvons pas notre réel libre arbitre et que nous ne revenons pas à une conscience collective. Elle esquisse le désir insatiable de responsabilité sociale, empreint de joie, d’espoir, de compassion et de solidarité. De beaux moments de vie parallèle, dans un monde inquiétant qui portent pourtant aujourd’hui toutes les graines de possibilité de vivre.

Un travail grandiose d’écriture sur un canevas d’une grande simplicité. De grandes et belles réflexions en soi. Un chef-d’oeuvre qui se conclut dans l’espoir, heureusement. Plus j’avançais vers le dénouement, plus j’espérais qu’on m’amène vers un dénouement sinon heureux, du moins meilleur, moins castrant que j’appelais de toutes mes forces. L’auteure a travaillé parfaitement pour nous amener doucement là où elle avait décidé de nous amener, dans ce lieu innommable de la peur, la sauvagerie, le dysfonctionnement. J’en suis encore essoufflée. Coup de maître !

 

 

11 janvier 2018 — Fiona McIntosh, Série Le dernier souffle, Bragelonne. Le don, Tome 1, 2006. Le sang, tome 2, 2007. L’âme, tome 3, 2008.

Dans cette trilogie de fantasy, je découvre Fiona McIntosh, auteure britannique, vivant aujourd’hui en Australie. Il y avait longtemps que je n’avais pas connu cette fébrilité à retourner à ma lecture. J’ai adoré ses personnages, son traitement de la magie et l’originalité de ce don. Ce n’est pas la première fois qu’on traite ledit don de «survie», mais j’ai aimé son traitement plus audacieux.

Ses personnages sont attachants, particulièrement Finch et son chien Filou. Leur complicité m’a ravie, leur magie commune est merveilleuse, intrigante et surprenante. Le chien Filou à lui seul est si étonnant qu’on s’ennuie de lui lorsqu’il part de son côté ou que les autres personnages nous en éloignent. L’intrigue est toujours présente et constante. Tout est ficelé avec brio et les rebondissements sont nombreux. L’action est continue, le contexte et l’univers sont très bien campés, et ce, même si la violence est parfois un peu aiguë et qu’elle m’a sidérée à quelques reprises. Honnêtement, je me serais franchement bien passé de quelques scènes d’une violence et d’une brutalité extrêmes. Mais ce n’est que rarissime et toujours avec une justification du personnage responsable.

Pour moi, il y a comme deux genres de fantasy. Le premier vit au milieu de combats épiques, grandioses, violents et souvent crus et cruels. L’autre genre, plus subtil à la lecture, me rejoint davantage: celle des nuances du surnaturel, des analyses du pouvoir magique, de ses différentes manifestations et de ses multiples présences naturelles. McIntosh a réussi à nuancer un pouvoir maléfique aux confins de l’insoutenable, juste par ses oppositions diverses. Elle m’a séduite dans son traitement de la folie et quelques personnages particulièrement tordus. Elle m’a fascinée par ses partages d’immensité et de beauté. Elle vous tiendra sous le charme de la beauté de sa finale, permettant à chaque personnage de trouver sa finitude. Magnifique!

J’ai plus qu’apprécié cette série, je m’en suis délectée. Je vais parcourir l’oeuvre entière de Fiona McIntosh. Et je vous invite à vraiment vous y attarder. Très belle écriture, fraîche et sonore. Cette auteure côtoie maintenant les grands du genre. À visiter, sans retenue.

 

 

15 décembre 2017 — Dominique Durand, Mila, Vent des Lettres, Durand- Peyroles, 2016.

Je viens de terminer Mila de Dominique Durand. Une découverte pour moi, je n’avais jamais lu cet auteur. Wow! Du solide! Je suis absolument conquise et je lirai tout Durand, il va sans dire. Je vous le recommande avec beaucoup de café (ou de thé) car on sait quand on commence à lire… pas toujours quand on s’arrête. Le début nous intrigue tellement. Et on s’attache aux personnages campés de façon de maître. Et tout se bouscule, on navigue de rebondissements en surprises, jamais rien de banal. Une intrigue ficelée minutieusement. Sans oublier la recherche sérieuse qui soutient l’ensemble. Du grand roman. Vraiment, j’ai adoré. À choisir pour votre prochaine lecture.

 

8 novembre 2017 — Julien Hirt, Merveilles du monde hurlant, tome 1: La ville des mystères. 2016. Édition du Héron d’argent.

Une belle surprise ce livre. Le résumé sur le quatrième de couverture était tellement original et rafraîchissant à lire que j’ai eu vraiment un coup de coeur dès cet instant pour l’auteur. Je me devais de lire ses livres à tout prix. On se trouve presque toujours à cheval entre la réalité et l’imaginaire. L’illustration ci-contre n’a rien à voir avec la description de Julien Hirt. Mais l’originalité de l’idée m’a donné envie de ce poisson hors norme, tout comme la facture de ce livre très original.

Le personnage principal est une belle adolescente non conventionnelle, imaginative et d’une intelligence rafraîchissante, comme son auteur. L’écriture est vivante, contemporaine et surprenante. J’aime me faire déstabiliser dans ma lecture. Et c’est le cas souvent dans ce livre. De plus, le lien créé entre le lecteur et le narrateur est particulier. De réussir à créer une telle proximité me plaît tellement! J’en suis un peu jalouse. C’est un art d’y réussir de cette façon. Souvent dans ma lecture, j’avais l’impression d’être au salon, près du feu, avec un café en conversation avec une amie. Tellement génial!

Un mot sur les illustrations de couverture: de toute beauté. C’est l’oeuvre de Élodie Dumoulin. Une artiste à suivre de près tant qu’à moi!

En résumé, j’ai vraiment apprécié ce livre de fantasy et cet auteur très original. J’ai vraiment hâte de lire la suite. Tome 2: La mer des secrets. À venir, fin 2017. Le plus triste sera d’attendre jusqu’à sa parution…

Entretemps, tout comme moi, suivez son blogue:
https://julienhirtauteur.wordpress.com/

Crédit image: Pixabay

 

21 octobre 2017 – Félix Leclerc, Pieds nus dans l’aube, 2013, Éditions Fidès.

Félix Leclerc fut de ceux qui m’ont révélé, qui m’ont apporté la beauté de la vie. Ce grand poète amoureux de la vie et de la nature a su traduire l’objectif de toute vie: réaliser ses rêves ou à tout le moins croire que l’on doit axer sa vie sur un idéal qui a du sens pour nous. Pieds nus dans l’aube est le premier roman de cet auteur québécois prolifique. Ma rencontre avec Félix, c’est la rencontre de l’immensité, de la beauté, du respect de la vie, de la famille. C’est Félix qui m’a permis de croire en moi, de réaliser que ce que nous sommes, nous le ressentons dès notre jeunesse et cette vérité, notre vérité, nous habite dès notre petite enfance. Félix m’a montré les beautés de la vie, de l’homme, de la solidarité et du rêve. Tellement hâte de voir le film co-scénarisé par Francis Leclerc et Fred Pellerin prévu pour octobre 2017. Ce livre m’avait tellement émue, enchantée. C’était de la musique d’or dans mon coeur. C’est l’un des premiers (sinon LE premier) livres neufs que je me suis achetés, à la librairie Pantoute, sur la rue Saint-Jean, à Québec. Rares étaient les moments ou je me permettais un livre neuf. Mes moyens financiers étant très limités, j’allais toujours acheter mes livres dans une petite boutique de livres usagés derrière la Gare centrale d’autobus à Québec, dans une petite rue parallèle au boulevard Charest. J’y ai passé des centaines d’heures à fouiller dans la manne de ces trésors. Mon réel désir d’écrire est né dans les profondeurs de cette boutique à peine éclairée, derrière les étagères encombrées de milliers de livres. J’y passais des heures à bouquiner. Quand je partais avec quelques livres sous le bras, j’avais l’impression d’être tellement riche, certaine que mes prochaines soirées seraient bercées du rêve de ces magiciens des mots. Pieds nus dans l’aube de Félix Leclerc. Un retour vers la vie. Un retour vers l’essentiel. À lire absolument.

Je vous laisse avec Félix et Pieds nus dans l’aube:

« Fidor m’avait fait connaître le mot amitié, c’était merveilleux ; maman et les gardes-malades, le mot courage ; papa et mon frère le premier, celui d’audace ; Anne-Marie et mon frère le second celui de musique ; Gaspard Lavoie, celui du théâtre ; Ledeenne, tout cela ensemble; Ludger, terre. Dans mon vocabulaire du temps figuraient aussi les mots larmes, tempêtes, punitions ; …Mais je me serais passé des mots : séparation, feu, haine, vol, guerre, mort.

Mots atroces!

On se demande plus tard quand on est homme, …on se demande d’où viennent les cheveux blancs, les rides dans le visage, les tics nerveux, les dos courbés, les myopies, les tremblements de genoux, les syncopes, les yeux hagards, les lèvres ruinés et les crevasses sur la peau… Tout cela vient des mots atroces. Ce sont eux qui font vieillir. »

Crédit image: Pixabay.

 

 

3 août 2017 — Anaïs Barbeau, La femme qui fuit, 2015, Éditions Marchand de feuilles.

IMG_9824J’ai terminé La femme qui fuit. Je l’ai étirée, savourée. Il m’habite depuis que j’ai fermé la dernière page. Une écriture fluide, une analyse de la vie des femmes de cette époque et du jugement sur celles qui osaient vivre leur vie. La culpabilité. Toujours. Sans cesse. Un prix pour la liberté. Non, je devrais le dire autrement. Elles n’avaient aucun choix. Tu étais mère ou non. Les femmes n’avaient pas à choisir de travailler à l’extérieur du foyer ou de rester au foyer quand leurs enfants étaient petits. Non. Les femmes devaient être au foyer, s’occuper des enfants et de la maison. C’était leur vie. Elles ne pouvaient pas avoir d’autres ambitions. Sinon, la société les jugeaient. Et, elles ne savaient pas… avant d’avoir des enfants, ce que ça demande. Certaines réussissaient à « survivre », à trouver une façon de se réaliser, de s’inventer, de créer. Ou… faisaient avec. D’autres mouraient à petit feu. Certaines ruaient dans les brancards, d’autres criaient leur rage et leur sentiment d’injustice. D’autres encore fuyaient… de différentes façons. La fuite souffrante de Suzanne Meloche, Anaïs Barbeau-Lavalette, l’auteure de La femme qui fuit et sa petite-fille, l’a cernée d’une façon si juste, que j’en suis soufflée. Elle a su revêtir la peau et l’âme de ces femmes d’hier, déchirées et souffrantes parce que différentes. J’en suis encore toute retournée. Pour sa clairvoyance, sa compassion et sa conscience. Fabuleux. À lire. On n’en sort pas indemne. Mais riche et différente. Assurément.

Je vous laisse avec les mots d’Anaïs:

« Dans ma soif inaltérable d’aimer.
Et dans ce besoin d’être libre, comme une nécessité extrême.
Mais libre avec eux.
Je suis libre ensemble, moi. »

Crédit image: Pixabay.

 

Publicités
kathleen brassard

Auteure thriller policier

Pour écrire un mot

L'écriture, c'est la liberté de sélectionner les mots. De choisir le Quoi, le Où, le Pourquoi et le Comment. Libre de choisir.

Ado 4v1

Rêver en marchant, accepter le changement.

Mots en Bulle

L'écriture, c'est la liberté de sélectionner les mots. De choisir le Quoi, le Où, le Pourquoi et le Comment. Libre de choisir.

crastinette & co

Chez Crastinette, procrastinez en toute liberté !

Actu Du Noir (Jean-Marc Laherrère)

« Quand j'ai finalement rattrapé Abraham Trahearne il était en train de boire des bières avec un bouledogue alcoolique nommé Fireball Roberts dans une taverne mal en point juste à la sortie de Sonoma, en Californie du Nord ; en train de vider le coeur d'une superbe journée de printemps. » James Crumley (Le dernier baiser)

Jeux de mots et d’images

Le blogue personnel de Clément Laberge

L'Écriturien

« Épouse le présent, ne te marie jamais avec le passé. »

Une liseuse & des polices

Quelles polices installer sur une liseuse ?

EmOtionS - Blog littéraire

Chroniques, interviews, salons, classements... Romans noirs, thrillers, polars, SF, fiction...

Les Tribulations de Coco

Lecture, Running, Tricot mais pas que ...

Le fil rouge

Les livres qui font du bien

Julie lit au lit

Art de lire & Alphabétisation

lacavernedupolar.wordpress.com/

le blog des passionnés de polar

Les Mots clairs

Je vous aide à mieux écrire.

Julie les bons mots

Chroniqueuse, jeune auteur en herbe, Lifestyle et Toulousaine

Madame lit

Des livres québécois et d'ailleurs -Blogue littéraire

%d blogueurs aiment cette page :