L'écriture, c'est la liberté de sélectionner les mots. De choisir le Quoi, le Où, le Pourquoi et le Comment. Libre de choisir.

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Les synonymes dans ma vie

Les synonymes ont des sens semblables, mais la richesse du français réside exactement dans les nuances merveilleuses de la signification de chacun des mots de notre langue maternelle. La différence de sens entre deux mots synonymes est parfois si subtile qu’on ne s’attarde pas à cette nuance, et l’on pense pouvoir remplacer l’un par l’autre, sans hésiter. Les gens les placent dans la même sauce et intervertissent leur utilisation sans état d’âme. Souvent, ils extrapolent même leur sens véritable pour leur usage. Je ne jette pas la pierre à personne, car j’ai opté parfois pour ce stratagème, peut-être tout simplement parce que cela servait mon propos. Par exemple, j’ai pris souvent des libertés de sens pour les mots succès et réussite, ayant la certitude personnelle que leur sens est très différent, alors qu’ils sont synonymes. Voyons ensemble ce qu’il en est.

Réussite ou succès?

Dans les définitions d’Antidote, pour succès, on donne cette définition: «Devenir populaire pour ce que l’on a accompli. Tentative fructueuse de séduction». Pour réussite, Antidote donne plutôt cette définition: «Résultat favorable de quelque chose». Dans un premier temps, il semble donc que les mots réussite et succès pourraient être remplacés l’un par l’autre puisqu’ils signifient tous les deux avoir accompli et/ou réalisé quelque chose dans sa vie. Pourtant, ils m’apparaissent bien différents. Et c’est là que commence notre travail personnel sur la façon de voir les mots et de les choisir.

Selon moi, hormis le sens réel que leur attribuent les dictionnaires, je considère que la réussite est personnelle, en rapport avec soi-même, selon nos objectifs de vie et le résultat de notre travail: la réussite de sa vie, la réussite de quelqu’un. Le succès est plus social, davantage en rapport à des barèmes de performance plus ou moins arbitraires: le succès d’une entreprise, d’un produit. Je dirais de plus que la réussite perdure dans le temps alors que le succès est souvent éphémère.

La réussite contient un «mérite» quelque part, une légitimité qui retourne vers soi. Le succès est plus social, demande plus l’assentiment d’autrui. Le succès me semble plus matériel, plus aléatoire, moins redevable à soi-même en entier. Dans notre travail, le succès est rarement dû à nous seulement, on le doit souvent au travail d’équipe, ou à l’orientation d’une tache qu’on nous a attribuée. On ressent la victoire pour la réussite tout comme pour le succès. Mais être fier pour un dépassement de soi pour avoir relevé un défi ou quitté sa zone de confort est toujours plus satisfaisant qu’un succès «matériel» ou une reconnaissance populaire. À tout le moins, je parle pour moi.

L’estime de soi

Je sais que j’ai beaucoup grandi depuis mes 20 ans. J’ai appris beaucoup, parfois avec dureté et difficulté, voire avec douleur. Mais je suis très fière de ce que je suis devenue aujourd’hui. J’ai toujours affirmé que réussir dans la vie et réussir sa vie sont deux choses totalement différentes. Car on ne fait pas appel aux mêmes impératifs ni aux mêmes règles. Et j’ai la certitude que le bonheur est toujours en rapport avec notre estime de soi et que celle-ci est redevable à nos réussites personnelles. Alors s’il faut courir après l’assentiment social ou la reconnaissance au travail pour se sentir heureux, on ouvre le flanc à une grande part de frustration et de déception. Et naissent alors des moments de colère, d’amertume ou de souffrance qui détruisent notre bienêtre et déséquilibre notre vie entière. Tout simplement parce qu’on a omis de travailler à notre estime de soi. Je ne parle pas de succès, ni de performance sociale, mais simplement du plaisir d’avoir fait mieux qu’hier, d’avoir rempli ses propres objectifs. Connaître la satisfaction d’avoir accompli quelque chose de nouveau, de beau, de bien. Pas nécessairement plus, mais mieux. Et c’est face à soi-même qu’on peut le mesurer. Seulement face à soi-même. C’est la clé.

 Cessons donc de vouloir l’assentiment d’autrui à tout prix. Essayons de ne pas avoir besoin en absolu que quelqu’un nous dise que c’est très bien ce que l’on fait pour en apprécier le résultat. Il faut avoir une satisfaction personnelle d’avoir fait ce qu’il se doit, d’avoir relevé un défi, d’avoir bien fait son travail. Le reste est arbitraire et hors de notre contrôle. Soyons fiers de nous-mêmes, heureux d’être là où nous sommes, avec ceux qui partagent notre vie. Sinon, prenons les mesures nécessaires pour créer les changements qui nous apporteront la satisfaction et la joie dans notre travail. Le bonheur est nécessaire dans la vie. On y a tous droit. Il faut juste se permettre d’y toucher, ici, maintenant.

«Vise toujours la réussite, et oublie le succès.»
Hélène La Hayes

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La beauté

Je n’ai jamais été du genre de femmes qui font se retourner les hommes sur leur passage. Mais j’ai envié ces jolies filles plus souvent qu’à mon tour. Je me comparais souvent à ces beautés qu’un rien habillait, qui se donnaient du style et de la classe, juste avec un accessoire qui sonnait faux sur moi. J’ai tellement désiré devenir ce type de femme resplendissante. J’ai tant voulu être autrement. 

Mais le temps m’a appris que l’apparence est souvent trompeuse. Que la beauté n’est pas toujours là où on pense qu’elle est. Mais surtout, la vie m’a appris qu’il faut se trouver belle pour l’être vraiment. Et cela n’a rien à voir avec l’apparence. Tout le monde connaît cette vérité de Antoine de Saint-Exupéry: «L’essentiel est invisible pour les yeux.» Alors pourquoi, dans notre quotidien et notre vie ne l’applique-t-on pas? Pourquoi cherche-t-on à plaire à tout prix? Probablement parce que la solitude nous fait peur. 

Une fois devenue adulte, j’ai revu plusieurs de ces filles «parfaites» que j’ai tant enviées et leur devenir n’était franchement pas mieux que le mien. Pour plusieurs, il était difficile et compliqué. Alors, j’ai dû revoir mes critères et chercher une autre façon d’être satisfaite de ma vie.

J’ai toujours cru et je le crois encore, que j’ai une belle vie. J’aime ce que je suis et encore plus, j’aime ce que je suis devenue. Je trouve la vie belle et bonne pour moi. Et je vais vous dire une chose: je suis belle et je me sens belle. Qu’importe ce qu’autrui en pense. J’ai travaillé fort pour créer cette harmonie en moi. J’ai cru en moi, même si, pendant longtemps, j’ai été la seule à y croire. 

La beauté c’est tellement plus que des traits harmonieux. Et c’est encore mieux que ce que nous renvoie le regard des autres. Sachez être vous-même pour vous-même. Rien n’est plus satisfaisant que de se faire plaisir. Se donner du bon temps. Se prouver qu’on en vaut la peine et que chaque minute que l’on prend pour soi est un beau moment. Car il nous appartient en propre. Il fait partie de notre histoire. Il fait partie de la beauté du monde.

La Beauté nous rend heureux. Osons choisir des moments de beauté dans notre vie de tous les jours. Sans attendre la permission. Sans vouloir que tous soient d’accord. Un petit geste à la fois. Et la beauté naîtra avec abondance. Il suffit d’y croire. D’être libre d’embrasser la route qui s’apparente à notre couleur. Libre de choisir.

-FIN-

«Ce qu’il y a de bien avec les mots: si j’en prends un, il s’explique vite par le suivant. On examine le deuxième, ce qu’il veut dire et cela n’a plus de fin. Un comme dans la vie, les mots nous vont avancer.»

Source : http://dicocitations.lemonde.fr/citation_auteur_ajout/99085.php Le cabaret des oiseaux – André Bucher

Quand j’écris et que je trouve (ou découvre) les derniers mots de mon roman ou de ma nouvelle, j’adore ajouter ces trois lettres: FIN. Ça me fait sourire et me sentir satisfaite. 

La finalité d’un projet d’écriture, c’est «Tendre vers un but», mais c’est aussi voir une FIN. Et c’est toujours un peu dérangeant pour un·e auteur·e. Car, il faut bien le dire, un projet d’écriture de fiction, avec le partage de la vie des personnages pendant des mois, voire des années, c’est une proximité qui apporte tendresse, inquiétude, conflit, colère ou inconfort, chacun des éléments ou tous à la fois. Et la fin d’un tel projet, c’est une séparation, un abandon, un vide. Mais la rivière ou la montagne ont aussi leur finalité, ça ne les empêche pas de nous émouvoir, de nous submerger de sérénité et de plénitude. Tout comme le plaisir d’avoir attaché l’ensemble des éléments en suspens et d’en dénouer les fils avec satisfaction et contentement.

Et le contentement, c’est l’objectif souhaité pour la fin de mes romans. Fermer le livre avec tristesse peut-être, mais avec plaisir. Laisser une trace de magie, de joie ou de satisfaction. La finalité, pour moi, c’est ça. Et, j’adore terminer mes livres — ceux que je lis, comme ceux que j’écris — avec le sourire aux lèvres. 

Pour un projet d’écriture, la fin est un enjeu. Il y a toute une littérature qui prône qu’il faut que la fin d’un roman soit inattendue et spectaculaire. Je pense qu’avant tout, la fin d’une oeuvre de fiction doit refléter sa couleur, son ton et livrer un sens. L’important, c’est d’amener ses personnages vers leurs buts et de clore l’histoire de sorte qu’en fermant le livre, on comprend et on aime. Aimer. Avec le sourire peut-être.

Chaque auteur·e termine ses projets d’écriture comme il veut. Pour ma part, ils ne peuvent pas être différents de mes objectifs de vie, de mes désirs comme être humain: rencontrer la beauté, la joie et le plaisir de la vie. Chacun y va de sa petite brique. Alors, pourrons-nous espérer qu’un monde meilleur ne se construise, une journée à la fois, personne à personne. Il n’y a pas de petit geste. Il n’y a que le désir de faire sa petite part pour le mieux-être de tous. Mes choix d’écriture ne peuvent pas être différents de ce que je suis.

 

À bas les 3-P, vive le rêve

Crédit image: Pixabay

Dans un monde où la règle des 3-P est reine, parler de rêve donne l’impression de vouloir perdre son temps et de faire partie des pelleteux de nuages de ce monde. Il est facile ensuite de terminer l’intervention, en râlant sur les retraités qui n’ont rien à faire ou contre les jeunes sans enfants qui se plaignent de manquer de temps. Alors, pourquoi en plus, s’offrir en pâture et prétendre vouloir rêver?

La règle des 3-P

Crédit image: Pixabay

Qu’est-ce que la règle des 3-P? C’est tout simplement la norme sacrée de tout bon-ne entrepreneur-e, entreprise ou organisation qui ne prêchent que par le mantra: Produire – Performer – Prospérer. Toujours plus de force, de précision, d’enthousiasme! Encore un peu plus loin! Et tant pis si l’énergie fait défaut, l’important, c’est le résultat!

Maintenant, que deviennent les gens dans ce contrat de réussite absolue? Bien souvent, ils sont les grandes victimes de ces milieux de travail sans vie, sans plaisir, sans reconnaissance humaine. Produire, performer et prospérer sont nécessaires pour réussir en affaires, pour mener à bien une mission ou un projet d’envergure. Je n’en doute pas. Mais c’est quand on veut tout concentrer dans cette norme, en faire une règle absolue de réussite que je commence à avoir des crampes au cerveau! Réussir dans la vie, c’est très bien. Il faut saluer cette excellence. Mais réussir sa vie, c’est encore plus important si on veut être heureux.

La société des loisirs

Dans les années 1970, on prédisait que l’an 2000 serait l’ère du loisir. Que chacun de nous travailleraient trois ou quatre jours par semaine et que le reste de notre temps serait consacré aux loisirs. Force est de constater que ces belles et grandes prédictions ne se sont pas réalisées. Le temps de travail n’a jamais été aussi laborieux, les heures consacrées à notre gagne-pain dans nos vies se sont alourdies de manière explosive. Les gens sont souvent obligés de cumuler plusieurs emplois pour boucler leur budget. Les téléphones cellulaires offerts aux travailleurs doivent demeurer ouverts toute la journée, exigeant ainsi la disponibilité des employés presque en tout temps.

Nous sommes à l’ère où la forme physique est plus que jamais valorisée, encouragée. C’est très bien, la santé est aussi une question de mise en forme. Mais, on va se dire les vraies affaires: pour performer et produire une telle charge de travail, à un rythme si effréné, continuel et quotidien — et permettre ainsi aux dirigeants de ce monde de prospérer toujours davantage — il faut être en forme absolue, n’offrir aucune faiblesse et placer les priorités du travail en premier lieu de nos objectifs personnels. Donc, entre nous, la société des loisirs, ce n’est pas pour demain!

Qu’est-ce que rêver?

Crédit image: Pixabay

Rêver, ce n’est pas attendre de dormir pour connaître la satisfaction. Ce n’est pas non plus une aventure nécessairement rocambolesque, ou qui renverse à tout prix l’ordre établie et bouscule totalement la routine de tout le monde. Rêver, ce n’est pas non plus créer l’anarchie. Mais c’est peut-être, un peu, se situer plus haut dans l’échelle du vouloir. C’est surement espérer plus que ce que l’on veut bien nous donner. C’est avoir des objectifs de vie qui nous soient propres et qui n’ont rien à voir avec la performance ou la production d’un travail qui rapporte à quelqu’un d’autre.

Rêver, c’est croire qu’on peut avoir mieux. C’est embellir sa vie, au quotidien, pour soi, pour sa propre satisfaction personnelle. C’est refuser de se soumettre. C’est s’empêcher d’affirmer qu’on n’a pas le choix. Car, c’est absolument faux. On a toujours le choix. Rêver, c’est précisément refuser de baisser les bras, quand tout ton entourage te dit que tu es déjà chanceuse d’avoir ce que tu as et que tu dois t’en contenter. Rêver, c’est voir grand, voir beau, voir bon, pour soi. C’est se permettre d’avoir ses propres objectifs de vie, de satisfaction et de réussite.

Pourquoi rêver?

Alors, pourquoi rêver? Tout simplement, parce qu’on le mérite. Parce que ce n’est pas vrai que l’abondance, la beauté et la belle vie, ce n’est que pour les autres. Non! Rêver, c’est se permettre d’y croire, d’avoir la certitude de le mériter et d’accepter qu’on peut en avoir plus que nécessaire, nous aussi.

Il faut donc décider de rêver, et en couleurs, en prismacolor, s’il vous plait, pour se maintenir en haut de l’échelle de beauté et de possibilité. Rêver, c’est imaginer toute la beauté, la luxuriance et la plénitude que la vie nous offre, maintenant. C’est penser grand, penser beau. Avoir des projets plus grands que nature et décider d’y croire. Alors, tous les éléments s’aligneront, un par un, pour vous. Alors, vos projets pourront prendre vie. Car, si vous n’y croyez pas, qui le pourra?

Pour agrémenter vos projets de rêves, prenez quelques minutes pour consulter mes trois courtes nouvelles sur ce même thème. C’est ici.

Le confort de l’écriture

L’écriture, on s’entend, est une démarche intellectuelle. Ainsi, si je parle de confort en écriture, il s’agit exactement d’une «situation de bienêtre psychologique». Et c’est précisément l’état que je ressens quand je parle de confort en écriture. C’est le moment présent qui s’enchante, qui me donne l’impression d’être exactement à la bonne place, au bon moment. Comme si je m’assoyais avec un bon livre, devant un feu de foyer et un bon café. Du pur bonheur. Eh bien! l’écriture pour moi, c’est ce bienêtre, ces moments de contentement où souvent j’écris avec le sourire, parce que les mots me viennent naturellement, coulent hors de moi avec une facilité désarmante. C’est mon confort. C’est mon plaisir et mon bonheur.

C’est pourquoi lorsque la difficulté ou l’interrogation poursuit ma plume, alors je suis un peu désarçonnée. J’essaie de ne pas me laisser trop toucher par un sentiment d’échec, je continue tout de même à aligner les mots, les paragraphes et les pages, essayant de retrouver la certitude du chemin nouveau, patiemment. Mais ce n’est pas toujours facile. Et la seule et unique façon de ne pas sombrer, c’est de continuer. Ne pas arrêter d’écrire. Car je l’ai fait: j’ai essayé d’arrêter, de prendre une pause et d’analyser ce qui se passait quand on piétine, qu’on cherche le filon. Et croyez-moi. À part avoir le sentiment d’être nulle, on n’y arrive pas vraiment. Du moins, c’est mon expérience personnelle.

Car il est certain qu’il y a autant de solutions, de chemins et de façons de faire qu’il y a d’arbres sur cette terre. Chacune, chacun trouve sa voie, c’est la beauté de la chose. Mais quand le silence s’annonce, perdure et s’installe, c’est troublant. Et on aurait tellement envie de tout faire sauter. De ne plus voir les jours se succéder sans goûter la satisfaction des pages noircies. Alors, on aurait tellement le goût de dire, donc d’écrire, n’importe quoi. Et c’est peut-être, justement, ce qu’il faudrait faire. Mais on n’ose pas. On se refuse à ce saut dans le vide. Et c’est ici qu’est le piège du confort. Comme si on était convaincu qu’il y a des routes qu’il ne faut pas emprunter. Comme si on avait la certitude de ne pas avoir le droit de tenter l’impossible. Mais c’est faux. Le piège c’est précisément la certitude. Rien n’est certain. Tout est possible.

Mais, derrière la plume, il y a l’humain. Il y a cette femme qui prend habituellement ses aplombs dans la vie pour ne pas sombrer. Qui s’assure d’avoir le pied solide, la route déblayée et les bagages prêts. Et c’est peut-être le combat perpétuel de l’écriture, car l’écriture, qu’est-ce que c’est sinon le contrepoids à l’habitude? Le désir d’exploiter le rêve et l’impossible? L’écriture, c’est aussi la possibilité d’exploser la raison pour rendre la beauté quotidienne et installer le confort dans chaque minute de notre vie.

C’est mon désir le plus profond à chaque fois que je m’installe Pour écrire un mot et vous le partager.

Crédit photos: Pixabay

Coups de coeur Beauté!

(suite…)

Rien n’arrive pour rien

« Dans la vie, il n’y a ni amis, ni ennemis, mais uniquement des maitres. »
TIRÉ d’un Livre de Sagesse de Bouddha

Nous faisons tous l’expérience de situations où il est plus facile de pointer du doigt quelqu’un d’autre plutôt que de plonger en soi-même. La plupart du temps, nous fuyons l’introspection, l’examen de conscience et nous cherchons plutôt un coupable à l’extérieur de soi. On dirait que c’est l’instinct de survie qui prend le dessus. Ou plutôt le désir profond de fuir la culpabilité, de n’avoir pas bien choisi, d’avoir omis d’avoir fait de son mieux.

La fuite. C’est un réflexe un peu normal de protection de soi. Mais, en tant qu’adulte, il faut peut-être décider que c’est assez. Assez de faux-semblants. Assez d’avoir envie d’être parfait. Assez d’avoir peur d’être jugé. Assez de se raconter des histoires. De toute façon, fuir n’apporte rien, sinon un semblant de bien-être. On a l’impression d’être satisfait, pourtant, on envie les autres, on regarde derrière la clôture et on voudrait être partout, sauf là où est notre place. Du moins pour l’instant. Car, tant qu’on ne fait pas face à ce que l’on est, peut-on vraiment mériter ce que l’on a?

La satisfaction de soi, c’est un sentiment rafraichissant. C’est un beau parfum. Mais pour y arriver, il faut faire face et c’est un chemin ardu, souvent cahoteux et sombre. Mais quand on décide de le traverser et de se rendre au bout, alors on fait parfois des rencontres étonnantes qui nous apportent beaucoup de joies, des petites, comme des grandes. Car rien n’arrive pour rien. Tout ce que nous vivons nous apporte sa leçon. Suffit de l’accepter et d’en chercher la sagesse.

C’est quand on décide d’avancer, coute que coute, qu’on rencontre nos maitres. Et c’est alors qu’on apprend le gout de devenir plus, d’entrer en soi-même et de trouver ses faiblesses. D’avoir l’humilité de se regarder et de se reconnaitre comme on est, sans fioritures ni insistance. L’humilité. Il m’a fallu des années pour reconnaitre son sens non humiliant. Dans mon jeune âge, l’humilité était pour moi l’humiliation et je la fuyais allègrement. J’y étais comme allergique. Mes lectures, mais surtout mes maitres, m’ont appris que l’humilité est une grandeur d’âme. C’est l’altruisme, mais pas nécessairement le sacrifice. C’est le détachement, sans nécessairement la privation. C’est lorsque l’on ose se regarder en face qu’on en découvre toute la grandeur et la beauté. Mais c’est un travail quotidien. Comme jamais acquis pour les tempéraments déterminés. C’est comme une prise de conscience à renouveler constamment.

Dans ma vie, la leçon d’humilité a été la plus ardue, la plus laborieuse, la plus douloureuse à acquérir, mais sa maitrise absolue est encore en mouvement chez moi. J’ai fui l’humilité pendant beaucoup d’années. J’ai l’impression que sa maitrise me prendra autant d’années. Mais j’ai une bonne motivation: je sais aujourd’hui que tant et aussi longtemps que je fuirai ou refuserai l’humilité, la vie placera sur ma route encore et encore des personnes pour m’apprendre cette même leçon. Et tant et aussi longtemps que cette leçon ne sera pas maitrisée, elle se répétera. Encore et encore à l’infini.

Pour écrire un mot

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Ado 4v1

Rêver en marchant, accepter le changement.

Mots en Bulle

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