L'écriture, c'est la liberté de sélectionner les mots. De choisir le quoi, le où, le pourquoi et le comment. Libre de choisir.

Archives de la catégorie ‘Liberté’

Décider

«Vous devez entrainer votre intuition — vous devez faire confiance à la petite voix à l’intérieur de vous qui vous indique exactement ce qu’il faut dire, ce qu’il faut décider.» (Ingrid Bergman)

Toute la vie est une immense prise de décision. Chacun·e a rêvé un matin de ne rien décider de la journée, de prendre une pause et de laisser faire. Tout le monde a un jour espéré de tout son coeur, que quelqu’un de fiable lui dise quoi faire, comment le faire et souhaité oublier complètement le pourquoi on doit le faire. Décider, ce n’est pas toujours facile. 

Mais en même temps, on rêve aussi que toutes nos décisions soient les bonnes, qu’on crée des conséquences positives à nos actions et aux événements que l’on crée. Avoir eu la bonne intuition, comme le dit si bien Ingrid Bergman.

Choisir

En écriture, il n’en est pas autrement. Chaque phrase, chaque paragraphe, chaque chapitre d’un roman est truffé de décisions à prendre, simples, complexes, parfois indispensables, même si elles dérangent nos certitudes. Car décider, ce n’est pas être certains·es du résultat. Pas du tout! Décider, c’est choisir le bon mot, le ton particulier, le personnage attachant ou énervant. C’est oser aller dans une direction nouvelle, inhabituelle, surprenante. C’est prendre la liberté avec les mots, tout comme avec l’intrigue de notre histoire. C’est oser choisir l’instinct de notre plume. C’est choisir une route plutôt qu’une autre, quitte à rebrousser chemin et à revenir sur ses pas, par la suite. Mais, devant l’embranchement, il faut choisir, il faut décider.  C’est le défi de l’écriture.

Oser

Dans la vie, comme dans l’écriture, l’hésitation est souvent uniquement motivée par la peur de se tromper. Parce que notre société considère que se tromper est un échec. Pour ma part, je considère que même si on se trompe, il faut être fier d’avoir pris une décision. Car il faut du courage pour choisir, il faut oser avancer dans un chemin personnel, souvent sans balises, sans pistes, à l’aveuglette. Et si au  bout de la route, on rencontre une erreur, il sera toujours temps de rebrousser chemin, de prendre un autre embranchement pour trouver une autre façon de voir. Se tromper, c’est un apprentissage comme un autre. Il faut oser avancer et décider soi-même.

Libre de choisir

J’adore ceux qui osent, qui décident de prendre une décision et d’en assumer toutes les conséquences. Se tromper fait partie de la vie. Se tromper, permet l’apprentissage de ce qu’il ne faut pas faire. Se tromper, permet de trouver ses propres balises, et non, nécessairement, celles qu’on voudrait nous voir prendre. C’est la beauté de la liberté. Mais le jour où on décide, il faut assumer aussi toutes les conséquences de nos décisions. Cela fait aussi partie du processus. 

Dans l’écriture, nos décisions sont parfois bien déstabilisantes quant aux résultats qu’elles génèrent. Car il y a une partie d’éléments dans la création qui est autonome et qui s’impose en soi. On ne comprend pas toujours ce qu’il en est, au moment où ce phénomène surgit. Alors, il faut de la souplesse et de la foi en notre intuition. Le processus d’écriture est rempli de contradictions, d’instabilité, de questionnements. Il faut tout mener de front, ne pas taire ses questions, mais avancer, les yeux bien ouverts. Le moment de décider viendra bien assez tôt et tout s’emboitera comme il se doit.

Se faire confiance, c’est une saveur gratifiante qu’il faut connaitre à tout prix. Goutez au plaisir et à la puissance du simple geste de décider et savourez toute la splendeur de choisir pour soi. Ce sentiment, c’est celui de la satisfaction d’avoir fait ce qu’il faut. Que du bonheur!

Les synonymes dans ma vie

Les synonymes ont des sens semblables, mais la richesse du français réside exactement dans les nuances merveilleuses de la signification de chacun des mots de notre langue maternelle. La différence de sens entre deux mots synonymes est parfois si subtile qu’on ne s’attarde pas à cette nuance, et l’on pense pouvoir remplacer l’un par l’autre, sans hésiter. Les gens les placent dans la même sauce et intervertissent leur utilisation sans état d’âme. Souvent, ils extrapolent même leur sens véritable pour leur usage. Je ne jette pas la pierre à personne, car j’ai opté parfois pour ce stratagème, peut-être tout simplement parce que cela servait mon propos. Par exemple, j’ai pris souvent des libertés de sens pour les mots succès et réussite, ayant la certitude personnelle que leur sens est très différent, alors qu’ils sont synonymes. Voyons ensemble ce qu’il en est.

Réussite ou succès?

Dans les définitions d’Antidote, pour succès, on donne cette définition: «Devenir populaire pour ce que l’on a accompli. Tentative fructueuse de séduction». Pour réussite, Antidote donne plutôt cette définition: «Résultat favorable de quelque chose». Dans un premier temps, il semble donc que les mots réussite et succès pourraient être remplacés l’un par l’autre puisqu’ils signifient tous les deux avoir accompli et/ou réalisé quelque chose dans sa vie. Pourtant, ils m’apparaissent bien différents. Et c’est là que commence notre travail personnel sur la façon de voir les mots et de les choisir.

Selon moi, hormis le sens réel que leur attribuent les dictionnaires, je considère que la réussite est personnelle, en rapport avec soi-même, selon nos objectifs de vie et le résultat de notre travail: la réussite de sa vie, la réussite de quelqu’un. Le succès est plus social, davantage en rapport à des barèmes de performance plus ou moins arbitraires: le succès d’une entreprise, d’un produit. Je dirais de plus que la réussite perdure dans le temps alors que le succès est souvent éphémère.

La réussite contient un «mérite» quelque part, une légitimité qui retourne vers soi. Le succès est plus social, demande plus l’assentiment d’autrui. Le succès me semble plus matériel, plus aléatoire, moins redevable à soi-même en entier. Dans notre travail, le succès est rarement dû à nous seulement, on le doit souvent au travail d’équipe, ou à l’orientation d’une tache qu’on nous a attribuée. On ressent la victoire pour la réussite tout comme pour le succès. Mais être fier pour un dépassement de soi pour avoir relevé un défi ou quitté sa zone de confort est toujours plus satisfaisant qu’un succès «matériel» ou une reconnaissance populaire. À tout le moins, je parle pour moi.

L’estime de soi

Je sais que j’ai beaucoup grandi depuis mes 20 ans. J’ai appris beaucoup, parfois avec dureté et difficulté, voire avec douleur. Mais je suis très fière de ce que je suis devenue aujourd’hui. J’ai toujours affirmé que réussir dans la vie et réussir sa vie sont deux choses totalement différentes. Car on ne fait pas appel aux mêmes impératifs ni aux mêmes règles. Et j’ai la certitude que le bonheur est toujours en rapport avec notre estime de soi et que celle-ci est redevable à nos réussites personnelles. Alors s’il faut courir après l’assentiment social ou la reconnaissance au travail pour se sentir heureux, on ouvre le flanc à une grande part de frustration et de déception. Et naissent alors des moments de colère, d’amertume ou de souffrance qui détruisent notre bienêtre et déséquilibre notre vie entière. Tout simplement parce qu’on a omis de travailler à notre estime de soi. Je ne parle pas de succès, ni de performance sociale, mais simplement du plaisir d’avoir fait mieux qu’hier, d’avoir rempli ses propres objectifs. Connaître la satisfaction d’avoir accompli quelque chose de nouveau, de beau, de bien. Pas nécessairement plus, mais mieux. Et c’est face à soi-même qu’on peut le mesurer. Seulement face à soi-même. C’est la clé.

 Cessons donc de vouloir l’assentiment d’autrui à tout prix. Essayons de ne pas avoir besoin en absolu que quelqu’un nous dise que c’est très bien ce que l’on fait pour en apprécier le résultat. Il faut avoir une satisfaction personnelle d’avoir fait ce qu’il se doit, d’avoir relevé un défi, d’avoir bien fait son travail. Le reste est arbitraire et hors de notre contrôle. Soyons fiers de nous-mêmes, heureux d’être là où nous sommes, avec ceux qui partagent notre vie. Sinon, prenons les mesures nécessaires pour créer les changements qui nous apporteront la satisfaction et la joie dans notre travail. Le bonheur est nécessaire dans la vie. On y a tous droit. Il faut juste se permettre d’y toucher, ici, maintenant.

«Vise toujours la réussite, et oublie le succès.»
Hélène La Hayes

État

Écrivaine ou auteure?

IMG_9930Quand on veut devenir écrivain et qu’on est née dans une famille relativement pauvre, dont les parents n’ont pas eu la vie facile, où les livres sont presque absents à part le journal du jour, laissez-moi vous dire qu’on se croit d’abord bien prétentieux de vouloir écrire. Les écrivains sont une classe qui me semblait bien loin de mon quotidien. D’ailleurs, d’avoir l’audace de croire que je puisse porter un jour ce titre « Écrivain », c’était beaucoup d’orgueil de ma part. J’ai d’ailleurs toujours dit que j’étais une auteure, un peu gênée de me nommer écrivaine. Pour moi, il y a comme quelques marches importantes entre les deux.

Mais qu’importe. Une seule chose est certaine, je voulais écrire. Seuls les mots me permettent de me sentir heureuse, fière de moi, contente et ravie, voire rassasiée. Les mots sont mes complices. J’ai toujours voulu m’en faire des amis et ce, dès mon tout jeune âge. Je suis d’ailleurs partie très tôt avec mes valises pour écrire. Mais la vie en a décidé autrement pour moi. Voir ma biographie sur mon blogue ici. Mais ne nous écartons pas du sujet. L’important c’est d’écrire, qu’importe le nom qu’on s’attribue, l’image a peu d’importance. La vie c’est d’y croire. Point final. Cesser de vouloir l’assentiment d’autrui. Chacun et chacune a le droit de croire en soi, en sa capacité, en son rêve, en son projet de vie. Qu’importe ce que les autres en diront. S’ils doutent, c’est leur problème.

Nous avons le devoir de réaliser nos rêves. De permettre à l’étincelle de la vie de créer un projet d’existence qui nous soit propre, qui détienne notre couleur et nos rêves. Et surtout, nous avons le devoir de les mettre en chantier. Car l’essentiel c’est la route que nous empruntons, c’est le chemin que nous traversons pour ajouter chacune des pierres de notre construction. La vie, c’est ça, l’édification de notre rêve, la couleur qu’on applique sur chaque dessein de notre imagination.

Pour ma part, il s’agit de la tendresse des mots, le mystère de l’intrigue, la consonance des images qui s’invitent dans mon imaginaire et qui s’amusent à rendre mon quotidien agréable et musical. Tout pour créer un monde meilleur dans chaque instant de ma vie et d’en partager la folie avec joie et plaisir.

Crédit image: Pixabay.

Un projet, deux projets, trois projets peut-être…
Mercredi 17 mai 2017

Me voilà repartie à l’écriture de mon roman en cours. Les chapitres s’enfilent tranquillement: actuellement, huit sont bouclés pour environ 14 000 mots. J’avais fait, involontairement, un arrêt dans ce projet. J’étais un peu déstabilisée parce que je ne sais pas trop le dénouement que j’y apporterai. Mes personnages devront m’y mener, me faire voir où je me dirige, car l’auteure ne le sait pas encore. L’écriture est particulière en fiction. Il faut accrocher le lecteur, ne pas se donner le prétexte d’utiliser l’intrigue pour dire notre « message ». En fait, tout auteur de fiction vous le dira: même si nous structurons et imaginons l’histoire, les personnages sont autonomes et bien souvent ouvrent l’intrigue sur toute autre chose, et parfois même de façon surprenante. Alors, j’ai décidé de continuer et de me faire confiance. Ou plutôt, je fais confiance à mon histoire. On verra bien ce qu’elle me fera découvrir.

Entretemps, j’ai décidé de travailler sérieusement un autre manuscrit. Dans tous mes choix de lecture, la Fantasy y a une place de maître. J’aime le ludique, l’impossible, l’infini et le grandiose de ce genre littéraire. Et depuis plusieurs mois, je me dis que j’aime tellement en lire, que je saurais sûrement prendre plaisir à en écrire. Alors, j’ai commencé à faire des recherches, à démarrer un déblayage d’idées, de thèmes. Et parallèlement, d’ici quelques mois (probablement à l’automne), j’aurai assez de matière pour commencer une histoire. C’est un rêve pour moi: j’admire tellement ce genre littéraire. Ce n’est pas simple. Ce type d’écriture demande beaucoup d’humilité et de rigueur. Car il exige une montagne d’assimilation de données, une analyse intelligente du parcours non linéaire de ce genre aux mille facettes. Il faut connaître l’ensemble pour s’y coller ou s’en éloigner. Du moins, c’est toujours l’exigence que je me suis donnée. Dans un sens comme dans l’autre, il faut agir en connaissance de cause. Alors, c’est le défi que je me donne dans les mois à venir.

C’est donc à une écriture parallèle de deux genres complètement différents que je m’attellerai dans les semaines qui viennent. J’ai toujours trouvé plus productif et plus séduisant de lire plusieurs genres de livres simultanément. Sur ma table de nuit, on trouve une biographie, un ou deux livres de croissance personnelle ou de spiritualité, un livre numérique de fantasy, et habituellement, aussi, un roman policier. Dans la journée, selon l’heure, je lis un genre ou l’autre. Mais quand j’ai une rage de lire, quand rien ne me ferait vivre ailleurs que dans un livre, c’est toujours, immanquablement la fantasy qui m’attire. Je réussis à m’y plonger complètement, à espérer y vivre, souhaitant secrètement qu’il fasse partie réellement de ma réalité.

Alors, je me suis dit qu’en écriture, j’y retirerais également bien des bénéfices d’alterner d’un projet à l’autre. Cela me permettrait de retrouver un regard neuf, un esprit ouvert, d’élargir l’horizon d’un côté comme de l’autre. Et quand arrive un blanc, une montagne, un précipice dans l’écriture, j’ai moins l’impression de piétiner. J’ai l’impression de découvrir le monde en multi couches, dans diverses dimensions, d’un point de vue audacieux, d’un oeil transformé. Et j’aurai, je l’espère, la langue bien pendue… autrement.

Coups de coeur Beauté!

(suite…)

C’est le printemps

Mercredi 22 mars 2017

Voilà, ça y est, le printemps est arrivé! Depuis lundi, il est là au calendrier, mais peut-être pas vraiment au Québec. Car aujourd’hui, c’est froid, très venteux et la neige entassée dans des bancs de neige encore immenses poudre un peu partout dans la rue. J’aurais presque envie d’allumer le foyer et de me faire un chocolat chaud, comme lors des grosses journées d’hiver où la chaleur de la maison nous grise après un bel après-midi de ski de fond ou de raquettes. La température est toute chamboulée. On subit des froids en mars que janvier n’avait pas connu. Mais l’avantage, c’est que je trépigne moins pour sortir et j’ai davantage le goût de m’astreindre à pondre mes quelques pages d’écriture par jour. J’ai terminé mon septième chapitre de mon roman en cours et j’ai hâte d’arriver au coeur de l’intrigue ou ce que j’appelle moi, le noeud, comme la raison d’écrire ce roman. Mes personnages prennent vie, s’imposent et trouvent leur parole. D’ailleurs, le point de vue de mon roman risque de changer. J’ai eu un flash là, maintenant, en écrivant mon journal d’écriture. Je pense que ce changement permettra d’accentuer davantage l’impact du personnage principal et ce qu’il doit être. Je laisse décanter l’idée un peu et si je vais de l’avant, je devrai revoir les chapitres déjà faits pour en changer le point de vue. Essais-erreurs, c’est une formule qui marche toujours. Depuis le début de l’écriture de ce roman, il y a quelque chose qui m’agaçait et je ne trouvais pas quoi. J’avais arrêté de chercher, je pensais que je me faisais des idées. Ce matin, j’ai eu ce pressentiment et je pense « que je tiens quelque chose » comme dit ma fille. Ne jamais se fermer à un changement, même majeur, en cours de route. C’est la clé, je crois. Bonne journée.

La vérité et la liberté

« Quand la vérité n’est pas libre, la liberté n’est pas vrai. »
Jacques Prévert.

Jacques Prévert fut une belle rencontre littéraire de mon adolescence, par son recueil de poèmes Paroles. Il m’a appris la liberté et la vérité. Ces qualités essentielles à une vie vraie. Ce fut un coup de coeur de ma jeunesse, en même temps que Gaston Miron et L’homme rapaillé.

Et ce matin, j’ai retombé fortuitement sur cette belle maxime de vérité. Je trouvais qu’elle me donnait exactement le point de vue que j’avais besoin pour parler du Fonds Nathalie Normandeau, cette ex-ministre libérale québécoise, et surtout du sentiment de malaise qui me secoue, comme l’a si bien dit Brigitte Breton, dans Le Soleil ce matin, (http://lesoleil.gc.media/m/58vvZfJxLu).

Cette collecte de fonds populaire est initiée actuellement par quelques Gaspésiens avides d’amasser des fonds pour payer les frais juridiques de l’ex-députée de Bonaventure, accusée de complot, de corruption, de fraude et d’abus de confiance. Ce n’est pas rien! Sans compter que pour faire de telles accusations, les enquêtes préalables ont été faites longuement, très longuement et minutieusement. Personnellement, je me garderais une petite gêne à m’associer à une personne subissant de telles accusations.

Et là, je m’interroge: l’honnêteté est-elle élastique? Doit-on regarder ailleurs lorsqu’il y a malversation parce qu’on a été généreux avec nous? Ai-je un devoir de fidélité absolue lorsque je reçois des avantages financiers ou autres, même s’il y a immoralité sur la façon de faire? Ma réponse à ces questions est « non ». Car c’est ça l’essentiel. Même si c’est légal, il y a des gestes immoraux, inacceptables. Il y a des façons de faire qui n’ont pas lieu d’être. L’argent que gèrent nos élus ne leur appartient pas. C’est l’argent des taxes et des forts impôts de tous les contribuables. Ils n’ont strictement pas le droit de l’utiliser pour leur profit personnel. Et ce profit personnel n’est pas nécessairement financier, on s’entend.

Et c’est ça qui me dérange dans tout ce fla fla de collecte de fonds. Hormis le constat de culpabilité ou non du cas qui nous occupe, j’en ai contre les yeux fermés de Monsieur et Madame Tout le monde, contre le relatif qu’on donne à la culpabilité, contre le fait qu’on ne soit pas plus exigeant sur la probité de nos dirigeants, de notre entourage, de nos amis. La vérité, la transparence, l’honnêteté, la justice, c’est blanc ou noir. Désolé. Le gris n’y existe pas. On y croit, ou non. Une personne est honnête ou non. Et comme dit si bien l’adage: Qui vole un oeuf, vole un boeuf. Voler, c’est voler. Que ce soit une gomme à effacer ou un contrat de plusieurs millions, c’est du vol. Et voler, c’est prendre possession de ce qui ne t’appartient pas. Moi, ce sont les valeurs que j’ai apprises quand j’étais jeune. Ce sont les valeurs que j’ai encore aujourd’hui, que j’ai transmises à mes enfants et que j’aurai toute ma vie. Parce que j’y crois. Alors ne me faites pas rire avec des « Oui, mais… »

Et je vous renvoie à Jacques Prévert:
Quand la vérité n’est pas libre, la liberté n’est pas vrai.

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C’est la rentrée!

C’est la rentrée pour la plupart des travailleurs, pour nos élèves du primaire et du secondaire ainsi que pour tous les étudiants des cégeps et universités. L’automne nous offre un été tardif ce qui n’aide pas vraiment à nous donner le goût du retour au travail. Mais, c’est la fête des « over all » comme disait mon père! Go go go! On y va! D’ailleurs, avec la détermination des syndicats des enseignants et de la fonction publique du Québec, relativement à des conventions collectives échues et des négociations qui tardent à trouver un terrain d’entente, il est clair que nous aurons un automne chaud!

Quoique je sois officiellement à la retraite depuis quelques mois, c’est malgré tout également ma rentrée et toute une! En effet, je viens de me commettre! J’ai vraiment osé réaliser le rêve que je caresse depuis 36 ans. Dans quelques semaines, je peux voir en ligne l’objet de ma fierté: l’édition numérique de mon premier roman! C’est un rêve depuis 1979. En effet, cette année-là j’arrive en Charlevoix avec deux valises et un sac de dictionnaires pour le projet avoué d’écrire un livre. Et j’ai livré la marchandise. Je l’ai écrit ce livre. Ainsi que plusieurs contes, plusieurs nouvelles, quelques romans, des chroniques diverses. En fait, je n’ai jamais cessé d’écrire mais je ne me suis jamais rendu au bout du processus de voir le tout publier. Car j’ai soumis plusieurs de mes manuscrits à l’industrie, mais ils étaient refusés par les maisons d’édition.

Et lentement, je me suis découragée. J’ai continué d’écrire, mais pour ma satisfaction personnelle. J’ai écrit quelques articles pour des magazines, publié un conte de Pâques pour enfant dans l’Hebdo régional. Mais, malheureusement, j’accusais déception après déception dans mes demandes d’édition. J’ai toutefois persévéré. Je n’ai jamais cessé d’écrire. Et de plus, j’ai suivi des ateliers d’écriture, des cours de rédaction et de français, j’ai travaillé très très fort. Et aujourd’hui, je récolte ma patience.

Le mois dernier, j’ai décidé de tenter ma chance de publier mais uniquement dans les éditions numériques. Comme je suis adepte de lecture électronique et que j’aime lire plein de nouveaux auteurs, j’ai compris qu’il ne me fallait pas abandonner mon rêve de publier. J’ai donc pris quelques renseignements sur Internet et j’ai écrit quelques courriels à certaines personnes en qui j’avais confiance et voilà. J’ai enfin trouvé mon éditrice préférée: Lucie Brodeur, Les productions luca.

Il est certain que mon blogue a été la première étape à l’aboutissement de mon rêve. Chaque chronique que j’y publiais me donnait de grandes satisfactions d’écriture et d’échanges. Mais j’avoue que de voir mon nom sur la couverture d’un livre en ligne me bercera de fierté et de satisfaction. Moi, Lise Bellavance, issue du milieu ouvrier de la basse-ville de Québec et fière de mes origines de fille de plombier, j’avais toujours assuré que j’écrirais à temps plein un jour. J’ai affirmé également, pendant des années, qu’un jour je serais publiée. Mais j’avoue que je commençais à me décourager. Je commençais à penser que je n’y arriverais peut-être pas! Mais je me refusais de croire qu’on ne peut avoir des projets qu’à 20 ans. Je me refusais de croire que l’on ne pouvait pas créer et continuer à vouloir plonger dans d’autres projets emballants, même si l’on a atteint la soixantaine. Et j’ai eu raison de ma détermination. J’ai eu raison d’y croire. Parce c’est réel maintenant.

Je vous invite à consulter l’onglet PUBLICATIONS en haut à droit ci-dessus pour tous les liens vous permettant de vous procurer les tomes 1 et 2 de GUÉRIR DU PASSÉ. Bonne lecture à tous.

Lâcher prise

Je viens de lire la chronique de Patrick Lagacé à La Presse en ce samedi : La ruelle. Le papa journaliste raconte comment un parent doit lâcher prise sur la surveillance de sa progéniture, comment laisser ses enfants découvrir le monde, combien difficile est cet apprentissage du parent, si essentiel pour l’enfant.

Cela me rappelle combien fut éprouvant toutes ses séparations avec mes enfants, pas à pas, différentes avec chacune et chacun. Comme disait ma mère: « Les enfants se suivent et ne se ressemblent pas ». J’aurais presque envie d’échanger le mot « enfant » par celui de « parent ». Parce que autant de philosophie que de parents. Nous avons le blâme facile dans cette petite société québécoise. Et surtout, on accuse bien facilement autre que soi. Alors j’ai également péché en ce sens. Et je m’en repens. Car, être parent n’est pas facile et ne nous donne pas l’absolution d’emblée. Il faut voir nos enfants adultes pour comprendre combien nos décisions quotidiennes ont, auront ou ont eu des incidences sur leur vie d’adulte. Mais, voilà, comme parents, il nous faut apprendre à vivre avec nos victoires mais avec nos échecs aussi. Apprendre qu’on ne peut être responsable de tout. Comprendre que nos enfants ont également leur chemin à faire pour vivre leur vie en dehors de la nôtre. Tout comme nous l’avons fait nous-mêmes. Et plus souvent qu’à notre tour, si je me fie à ma vie personnelle.

Alors de voir un père ressentir les mêmes déchirements que j’ai vécu profondément comme mère quand mes petits étaient encore autour de moi, je ressens une grande satisfaction, voire un immense contentement. Car, même si ce sont des moments d’angoisses, c’est également la magie de l’enfance, la lumière de la vie. Et j’ai toujours trouvé dommage que les pères se retirent souvent de ce monde magique de l’enfance de leurs enfants, pour ma génération du moins. Le travail prenait le pas sur tout. Et je pense que la majorité des pères ont passé à côté de beaucoup de merveilles. Même si mon conjoint fut un père très présent, le travail prenait beaucoup de place. Et aujourd’hui je me rends compte que la société d’aujourd’hui est encore pire qu’il y a 20 ans. Le travail est prépondérant pour tous les adultes. La vie de famille s’ajoute au moment où souvent le couple est essoufflé. On n’a pourtant qu’une vie! Mais on le découvre souvent bien tard… Mais revenons à nos moutons, je m’égare.

J’ai toujours pensé profondément que le job premier d’un parent c’est d’apprendre à ses enfants à ne plus avoir besoin de ses parents. Avoir le goût de partager des moments ensemble, par pur plaisir, oui! Mais ne plus en avoir besoin pour sa sécurité, son harmonie et son bien-être. Et cela commence le jour où l’enfant part tout seul pour le parc ou la ruelle de la rue voisine. Ou plutôt cela commence le jour où le parent dit oui au besoin d’émancipation de son enfant. Et quoique bien difficile, c’est l’unique chemin de la vie.

J’ai réussi ces lacher-prises quotidiens antérieurs mais je travaille encore très fort pour réussir à lâcher prise dans ma vie personnelle. Apprendre à ne plus tout vouloir contrôler. Accepter mes faiblesses et surtout accepter d’être dépendant de l’autre, parfois. Ce n’est pas facile pour qui a toujours été autonome et libre. Mais cela fait partie de l’apprentissage de la vie adulte. Rien n’est possible dans la découverte si le lâcher-prise n’est pas partie prenante de chaque minute de notre vie. Car aujourd’hui existe uniquement parce que hier n’est plus. Je médite là-dessus quotidiennement. Les choses changent. Il faut s’adapter et, surtout, apprendre à lâcher prise.

 

 

Délivrez-nous de la résilience

Depuis quelques années, la résilience est à toutes les sauces. Mais d’abord, laissez-moi vous dire qu’une personne résiliente mérite notre respect puisqu’elle vit des moments catastrophiques dans sa vie, qu’elle ne se laisse pas abattre, qu’elle réussit à se relever et à continuer. Là n’est pas mon propos. Mais, je trouve que l’on sur-utilise ce mot dans la vie. Et malheureusement, il perd ainsi de sa valeur réelle et devient banal, tout comme l’événement en lui-même.

Selon Le Robert Dixel pour iPad, voici la définition que l’on y retrouve de « résilience »:

résilience [ʀeziljɑ̃s] nom féminin
(famille de résilier)
1. phys. Valeur caractérisant la résistance au choc d’un métal.
2. psych. Capacité à surmonter les chocs traumatiques.

Selon Wikipédia, la résilience désigne « la capacité pour un corps quelconque à retrouver ses propriétés initiales après une altération. »

Personnellement, je préfère cette dernière définition.

Au travail et à tous les niveaux de la société, dans les groupes professionnels et au sein de différentes organisations, on abuse du mot « résilience ». On l’utilise partout et dans tous les contextes, c’est devenu plus qu’un mot, c’est un concept en soi. Et je pense qu’il est devenu un terme bouche-trou.

La résilience, c’est d’abord et avant tout la capacité de sortir indemne et plus fort des situations traumatiques qui traversent notre vie. C’est beaucoup plus qu’une simple adaptation au changement. Mais c’est le sens qu’on veut lui donner aujourd’hui dans le milieu du travail. On veut même nous faire croire que la résilience est l’adaptation au stress.

Aujourd’hui, les travailleuses et les travailleurs vivent au quotidien les surplus de travail, les pressions exagérées à produire toujours davantage dans un temps de plus en plus court, quand ce n’est pas littéralement « faire plus avec moins ». Félicitons haut et fort les plus dociles qui survivent! On les dit « résilients ». Alors, la résilience commence à perdre son sens premier « d’adaptation suite à un traumatisme ». À moins que le travail soit devenu un traumatisme constant? Ce qui n’est peut-être pas tout à fait idiot…

Mais revenons à nos moutons: et si leur résilience était un piège?

Et si leur résilience était une façon de nous contrôler? De nous faire croire que s’adapter à tout prix était la seule façon de prouver notre compétence et notre intelligence?

Et si cette résilience était, pour les patrons, la façon de créer un monde avec seulement les plus dociles, les individus aptes à se laisser-faire, à tout accepter, à se laisser mener par le bout du nez de l’ambition maladive de certains dirigeants?

L’apprentissage (ou le mérite…) d’un travail, ne devrait pas être une capacité de faire face à tous les abus et mal gérance de l’organisation d’une l’entreprise. Aujourd’hui on coupe des postes, on distribue les ajouts de tâches parmi les travailleurs, on ne remplace plus les congés ou les absences et on exige de tous de la « résilience ». Mais le sens réel, le sens premier et le sens intelligent du mot « résilience » est celui-ci: « La capacité pour un corps quelconque à retrouver ses propriétés initiales après une altération. » Alors qu’en dites-vous? Et si nous retrouvions tous notre propriété initiale et refusions d’être résilient?

Et si on créait un mouvement anti-résilience? Si on ré-apprenait à dire NON, nos milieux de travail retrouveraient peut-être leur côté humain? Je dirais même plus: C’est en refusant les aberrations politiques et sociales que nous vivons ces temps-ci que notre société retrouvera le gros bon sens et que nous redonnerons naissance à un milieu de vie sain et harmonieux où il fait bon vivre. Mais, vous et moi, allons-y à échelle humaine, à notre dimension individuelle, chacune et chacun, dans notre vie personnelle.

Aujourd’hui, cessons de croire bêtement que la résilience doit être présente partout et toujours. Parfois, il faut s’insurger à tout prix au lieu d’être résilient. Comme le disait si bien Jean-Paul Sartre: « Être libre,c’est savoir dire non ».

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