L'écriture, c'est la liberté de sélectionner les mots. De choisir le quoi, le où, le pourquoi et le comment. Libre de choisir.

Archives de la catégorie ‘Écriture’

L’OBLIGATION

 

 

Même si je suis une personne relativement respectueuse des lois, des règles, des consignes et de beaucoup de traditions, je demeure rebelle dans les obligations. Me faire dire quoi faire et surtout comment le faire me fait souvent grogner et crée chez moi un vent de contestation.

Mon adolescence a été pénible, parce que je n’avais pas vraiment envie d’être la fille parfaite de sa maman, dont les attentes étaient précises et nombreuses. J’ai essayé, dans ma vie, de faire différemment, de trouver ma place et pas nécessairement celle qu’on voulait que je prenne. Mais, il faut parfois s’engager à des règles, un parcours particulier, des façons de faire et de s’épanouir selon nos valeurs. Ce n’est pas tout à fait la même chose que l’obligation. Quand nous sommes libres de choisir, alors tout prend une autre couleur.

En écriture, il y a des règles aussi, c’est évident. Il y a des conventions également. Et surtout, comme partout dans la société, il y a plein de gens qui ont une façon d’imposer leur façon de voir qui me dérange. Heureusement, notre monde contemporain d’écriture apporte précisément une réelle liberté que prennent les auteurs·es dans leur façon d’écrire. Ces années-ci, on trouve de tout (même un·e ami·e!!!). Ainsi, il est plus que facile de trouver sa lecture préférée. C’est une période d’abondance et d’ouverture, c’est la rencontre des genres multiples, d’une immense diversité. C’est la création à son meilleur.

J’ai lu beaucoup de classiques en littérature. Et ce ne fut pas souvent un coup de cœur et pourtant, j’étais de celles qui lisaient de tout, avec ravissement. C’est tout dire! Je dois avouer que les classiques que j’ai vraiment aimés sont plutôt rares. En littérature, quand on parle de classique, on parle souvent du passé, mais d’une époque lointaine. Pourtant, le passé commence hier. Et dans notre monde contemporain, nous commençons à avoir de sérieux classiques. Il serait dommage de ne pas les faire valoir. Et surtout, Québec, n’oublie pas qu’il n’y a pas que « les vieux pays » qui ont fait l’histoire et apporté leur mot…

Les lectures obligatoires existent depuis toujours dans les écoles de tous les pays. Les professeurs de français du secondaire, tout comme les bibliothécaires du système d’éducation au Québec ont donc une responsabilité énorme dans leur choix des livres offerts aux élèves et aux étudiants. Laissons un peu de côté les classiques habituels. Créons des classiques contemporains, au lieu de n’avoir que ceux d’hier à faire connaitre.

Les lectures imposées au secondaire sont nécessaires et sachez qu’elles laissent des traces: elles peuvent rebuter à jamais ou donner pour toujours, le gout profond de la lecture. C’est une grande et belle responsabilité pour tous les professeurs de français, bibliothécaires et amoureux des mots. Un beau problème! Personnellement, j’ai découvert et choisi mes propres classiques. Ceux qui m’ont été offerts à l’école n’étaient pas édifiants. Je vous invite à les découvrir ici.

En écriture, il faut se donner le droit de choisir nos batailles. Une bonne écriture, c’est celle qui permet aux lecteurs et aux lectrices de passer un bon moment, de faire connaissance avec des personnages intéressants qui bousculent la réalité, ouvrent des horizons, permettent de vivre des moments intenses ou ordinaires, d’apprendre ou de reconnaitre la vie. Mais c’est, et ce sera toujours, d’abord, une grande aventure d’un·e auteur·e avec les lettres, les sens et les sons, pour écrire un mot.

L’appartenance au temps de la Covid-19

Pour écrire un mot ne peut pas ignorer l’événement du siècle qui bouleverse la vie quotidienne de tous: la Covid-19. Et quoi de mieux que mon thème du mois l’Appartenance pour en parler. Bien des effets négatifs nous ont assaillis depuis le début de cette pandémie: la maladie qui se cache partout, la mort qui rôde, l’angoisse de l’inconnu, l’absence de vaccins, le travail de tous menacé, les pertes d’emplois, les commerces et entreprises en péril, les artistes et les artisans sans revenus, les écoles fermées, la vie de famille chamboulée, la solitude, la peur et j’en passe et sûrement des meilleures.

Toutefois, je veux apporter quelques côtés positifs à ce déséquilibre mondial. Il y en a plusieurs, mais trois éléments me sont apparus exceptionnels: une baisse de la pollution, un regain à la responsabilité familiale et sociale et un sentiment très fort d’appartenance.

1. Baisse de la pollution et télétravail
La planète a retrouvé un second souffle depuis que le monde a été mis en pause. Le confinement chez soi a permis aux villes de respirer à nouveau à cause de la baisse significative du trafic routier et du bienfait du télétravail. Alors que notre planète demandait un grand tournant, la vie nous l’apporte sur un plateau d’argent. Il est apparu que le télétravail pourrait être une solution permanente à la pollution en général. Le télétravail à temps plein ou à temps partiel diminue la pollution sur nos routes tout en réduisant les frais d’exploitation pour les entreprises et facilite la vie aux travailleurs.

Si le télétravail perdure, les recherches pour augmenter le nombre des autoroutes, des stationnements, des tours de bureaux ne deviennent plus si essentielles. Les régions reprennent vie puisqu’il n’est plus primordial d’aller habiter la ville pour rejoindre une bonne entreprise. Une grande majorité d’emplois peut se faire de la maison.

Évidemment, un programme pour une libéralisation numérique est absolument nécessaire, mais une multitude d’avantages sociaux s’en suivront. C’est pourquoi il faut sérieusement instaurer un dialogue pour prioriser le télétravail. C’est d’abord une question de modernité, mais c’est aussi une question de survie planétaire.

2. Une responsabilité familiale et sociale accrue
La pandémie a réveillé un sentiment d’inquiétude pour nos pairs, puisque la vie de tout un chacun est devenue menacée. Alors, de plus en plus, les gens prennent des nouvelles de leur entourage. Les membres des familles portent aide et soutien entre eux. Les téléphones, les tablettes et les ordinateurs se font aller à toute vitesse vers tous les horizons, auprès des frères, des sœurs, des parents, des amis, et pas seulement sur Facebook. Il était temps! Depuis des décennies, les lignes de partage et de bienfaisance étaient franchement malades. Les gens s’inquiétaient de leur petite personne, de la productivité de leur entreprise, de leurs acquisitions et leurs nouveaux gadgets. Mais de savoir si tout son monde se porte bien, on repassera!

La pandémie aura eu cela de bon: les familles se ressoudent même si c’est de loin, l’on s’inquiète du bien-être du voisin et réapparait, peu à peu, un sens de la communauté. Ouf! On l’a échappé belle, il était minuit moins une.

3. Un sentiment d’appartenance
La Covid-19 nous a obligés à un confinement. Et ce confinement a permis de redécouvrir la solidarité et la force du nous. Le Québec est solide: à preuve, nous survivons plus que jamais en français, un peuple noyé dans un monde anglophone. On en a vu d’autres! Le Panier bleu explose d’entreprises et de commerces plus innovateurs l’un que l’autre. Et enfin, le Québec a compris qu’en achetant chez nous, il est possible de créer une dynamique qui deviendra gagnante pour tous et pour toutes.

Pourtant, c’est tellement simple d’acheter chez nous! Le réflexe est créé et le processus enclenché. Maintenant, au tour des commerces et des entreprises de nous donner le gout de les encourager et des raisons de continuer à acheter chez nous : en créant un bon produit, à bon prix. Tout le monde est prêt à payer un peu plus cher pour encourager les artisans, les entrepreneurs et les commerçants de chez nous. Mais la majorité des citoyens n’ont pas les moyens (ni le gout, il faut le dire) de payer le double et le triple de la valeur marchande. Il faut être compétiteur. Trouver des façons de faire pour minimiser les couts. Et le télétravail… c’est une bonne solution.

En terminant, permettez-moi de vous dire que je n’ai jamais été si fière d’être Québécoise. Oui, il ne faut pas se le cacher, nous avons des manques et des faiblesses, les CHSLD en sont un exemple éloquent. Mais de l’avouer est déjà un pas énorme vers les solutions qui ne manqueront pas de surgir, j’en suis persuadée. Dirigeons-nous vers le mode action et acceptons de mettre la main à la roue du devenir. C’est toujours facile de critiquer, de questionner les décisions d’autrui et même de chanter à qui mieux mieux Ça va bien aller. Encore faut-il faire partie de la résolution du problème. Ne serait-ce que par notre ouverture au changement. Bienvenue chez vous!

Note: Le déterminant à utiliser est bien « la » devant Covid-19, voir l’article sur le site de l’Office québécois de la langue française.

À chacun son mérite

À chacun son mérite

« Notre plus grand mérite n’est pas de ne jamais tomber,
mais de nous relever  à chaque fois. »
(Ralph Waldo Emerson)

Comme une de mes citations du mois vous le dit ci-dessus, le plus important en écriture, c’est de se relever, d’user de persévérance dans votre projet d’écriture. Il m’est arrivé si souvent de tomber: d’abandonner un projet, de procrastiner et de perdre la foi en mon talent «Pour écrire un mot». Parallèlement, des auteurs nés se sont refusé ce plaisir par manque de modestie. Je connais un journaliste reconnu qui avait un talent fou qui s’est refusé le grand bonheur d’écrire son premier roman tout le long de sa vie probablement pour les mêmes raisons que lorsqu’il avait 20 ans: «Si Proust pouvait me lire, j’en mourrais de honte». Mais Proust est mort, son œuvre vit encore, mais c’est la sienne.

J’ai un mérite qui est le mien: c’est d’avoir osé croire que je pouvais avoir ma place. C’est de n’avoir jamais abandonné. D’avoir su continuer, me relever, même si je suis tombée souvent. Et c’est à la portée de tous. L’important c’est d’agir sa vie, selon ses propres règles, pas selon celles des autres. Trouver sa couleur.

Vous savez, on a toujours dit que la réussite et le succès sont composés de 5% de talent et de 95% de travail. Et j’y crois profondément. Tout le monde est apte à écrire un livre, à peindre un tableau, à prendre une photo, à faire de la poterie, du tricot, des bijoux, etc. Mais de réaliser une œuvre unique qui émeut, qui résonne, qui apporte un plus à la vie de quelqu’un, c’est une autre histoire. Et la seule et unique façon d’y arriver, c’est de travailler très fort, de recommencer, de faire un nouvel essai autrement, de revoir son plan, sa façon de procéder, de ne pas se prendre au sérieux et de toujours voir le résultat final comme un élément perfectible. 

«Cent fois sur le métier,
remettez votre ouvrage.»
(Nicolas Boileau)

Le goût d’écrire, c’est très souvent vouloir faire une différence quelque part. Habituellement, ceux et celles qui écrivent sont des adeptes de la lecture. Et si c’est le cas, vous avez tous et toutes été victimes de fascination face à un livre qui a partagé vos loisirs quelque part dans le temps, qui a fait une différence sur votre façon de lire et même, parfois, sur votre façon de voir la vie. 

Il en est de même pour l’écriture. Chaque plume désire faire une différence. Ne serait-ce que pour une seule personne. Mais il faut travailler. Plus un manuscrit est peaufiné, plus il deviendra en accord avec votre projet de faire une différence. Avec beaucoup de rigueur, un peu de sérieux et du travail à profusion, c’est la récolte du mérite. 

Écrire, c’est facile, ou à tout le moins, accessible à une multitude de gens. Mais dépasser le premier jet, faire en sorte que le produit devienne poli, astiqué et propre, et espérer qu’il soit lumineux pour quelqu’un, alors ça, c’est autre chose. 

Il n’est pas prétentieux de vouloir accéder à cet objectif, d’en faire le but d’un projet d’écriture. C’est au contraire un signe d’une grande maturité. Écrire nous oblige à ce désir de faire mieux, ce besoin de toujours mettre la barre un peu plus haute qu’hier. D’essayer de sortir de sa zone de confort et d’oser. Prendre son temps. Prendre les mots à bras le corps et les propulser vers l’histoire de son choix pour notre plus grande satisfaction d’écriture ou de lecture. C’est le plaisir que je vous souhaite à tous dans ce temps morose de
Covid-19.

 

5 trucs pour se prendre au sérieux

Je suis de la génération qui a été élevée en croyant qu’il est prétentieux de se vanter, de parler de ses talents, de croire en ses forces et ses aptitudes. Il fallait mettre les autres en avant, se tenir en arrière. Et pour les femmes, on peut multiplier par 10 ou 100 l’ensemble de l’opération. Alors, quand je veux parler de mes livres et de mon désir d’auteure, j’ai toujours un grand complexe d’imposture et j’ai bien « de la misèèèèèèèèère, oh calvaire », comme le dit si bien la chanson de La Chicane. 

Alors le simple fait de vouloir écrire un article sur des trucs pour se prendre au sérieux, j’ai l’impression, encore aujourd’hui, de le faire un petit peu pour me convaincre moi-même. Malgré tout, j’ose et je plonge, car si j’ai eu le courage de créer ce blogue et de faire publier cinq livres, et c’est véritablement le cas, alors je peux bien me prendre un peu au sérieux. 

Si l’on a décidé d’avoir le courage et la persévérance pour écrire un livre et de se rendre jusqu’à l’étape de la vente, c’est qu’il faut se prendre au sérieux et terminer le processus. Alors, dès le début et peu à peu, il faut apprendre, par soi-même, à croire à toutes nos possibilités, à le faire uniquement pour soi et à oser, comme moi, maintenant. 

Alors les cinq trucs pour se prendre au sérieux sont: 

  1. Bannir les JE-NE
  2. Oser
  3. Prendre le temps
  4. Une étape à la fois
  5. Souriez, la vie est belle!

Truc no 1 — Bannir les JE-NE, et ce, à tout jamais de notre vie. Je n’ose pas, je ne peux pas, je ne pense pas que j’y arriverai, je ne me sens pas prête… OUT!

Truc no 2 — Oser. Arrêter de croire qu’il faut trouver la méthode, la façon de faire, le meilleur moyen d’y arriver. Si vous êtes là, maintenant, c’est qu’il y a eu du passé dans votre vie, que vous avez fait des choses qui ont réussi et il ne faut que regarder ces belles choses, vous féliciter d’être arrivé là où vous êtes maintenant et il faut oser le faire à votre manière. Gilles Vigneault a dit: « Tout a été dit, sauf par moi. » Alors, je le paraphrase et vous dis: tout a été fait, sauf de votre manière. Alors, osez. Lancez-vous! Au pire, comme dit l’autre, ça ne marchera pas et personne n’en mourra. Il suffira de recommencer, autrement. 

Truc no 3 — Prendre le temps. Dans le monde où nous vivons en 2020, il faut presque avoir fini les choses avant de les commencer. Nous sommes dans un cycle d’instantanéité. Si l’on texte un ami pour lui demander quelque chose et que dans les 10 minutes, il n’a pas répondu, on est prêt à appeler le 911. On se calme! Respirons un peu par le nez. Prenons le temps de faire les choses.

Truc no 4 — Une étape à la fois. Une belle façon de s’assurer de se rendre au bout de quelque chose, c’est bien de commencer par décortiquer la tâche et d’y aller une étape à la fois. Si l’on prend le processus dans l’ordre, doucement, tout s’imbriquera parfaitement. Et vous arrêterez de stresser pour rien.

Truc no 5 — Souriez, la vie est belle! Écrire, c’est aussi un métier. Il y a des normes, des procédures et des règles souvent très rigoureuses. Et il faut y aller dans l’ordre, essayant de faire de son mieux, dans le temps qui nous est imparti. Quand nous sommes au boulot, le travail s’accumule aussi dans l’agenda. Pourtant, à la fin de la journée, on ferme le tout pour retourner à la maison, même s’il reste encore du travail. Alors, en écriture, on se doit de faire pareil! On ne peut pas tout écrire d’un seul coup. Prenez note de vos idées, si elles vous fatiguent, mais il ne faut jamais oublier qu’il y a la vie, les amis, la famille. Il faut aussi vivre si l’on veut bien écrire. 

Alors oui, il faut se prendre au sérieux. C’est toujours le cas, dans toutes les situations de la vie, pour réussir quelque chose, il faut y croire. Et pour y croire, on doit prendre la situation au sérieux. Idem pour l’écriture. Cesser de croire que seuls les grands ont le droit d’écrire. Beaucoup de grands, qui ont écrit de belles et grandes œuvres, ne sont pas lus. Il faut être crédibles pour donner le gout de lire aux lecteurs. Et plusieurs écrivains lancent de pompeuses maximes tellement obscures qu’on a peine à les comprendre. J’ai omis de terminer des dizaines de livres classiques parce qu’ils m’ennuyaient royalement. Et n’en déplaise aux critiques ou aux grands pontes de la littérature qui déclarent qu’on doit tous les lire avec respect, je leur dis: « Je lirai ce qui m’émeut, m’atteint, me parle. Et j’ai le ferme désir d’écrire de la même façon. »

L’absence

Le cauchemar de la plupart des écrivains·es est le syndrome de la page blanche, mais ma terreur personnelle, c’est l’absence, ce lieu d’écriture de l’imaginaire vide, noir, sans lumière aucune. Le lieu de l’écriture sain, c’est l’imaginaire du vivant au bout de la plume de l’écrivain·e. Il fait partie du challenge des mots, du sens des émotions, de l’avenir d’aujourd’hui. Mais l’absence est présente tout autour de l’imaginaire comme le soleil qui se cache derrière les nuages un jour maussade de novembre.

Cette absence, elle est trop souvent présente aux rendez-vous sombres de nos questionnements qui nous envahissent, nous tourmentent et nous font craindre de ne plus trouver la lumière au bout des labyrinthes noirs qui se pointent à la fin de chaque chapitre. Mais le plus difficile est de ne pas se laisser vaincre par cette absence de limpidité. Il faut continuer à fouiller, à creuser, à chercher le chemin qui a du cœur.

À titre d’auteure, je souhaite ne jamais oublier que l’absence, même si elle m’essouffle et m’exaspère la plupart du temps, ne peut que m’obliger à trouver la meilleure façon de faire surgir l’étoile du matin. Cette étoile unique qui nous fait frissonner de plaisir, parce que sa beauté nous émeut au plus haut point, et nous fait croire qu’il est possible d’y arriver.

À chaque moment où, devant mon clavier d’ordinateur, je me trouve face à l’absence, face à un manque flagrant de solutions dans mon histoire, je sens un obscur découragement m’envahir parce que je découvre mon impossibilité de trouver la route de l’intrigue qui est la mienne. Et je vous assure que je pense que je n’y arriverai jamais. Pourtant, je persiste, je m’assois devant mon Mac, j’ouvre Scrivener et je reprends mon plan, encore et encore. Je modifie ceci, ajoute cela, je décide à nouveau d’écrire, de laisser les mots parler, au-delà de mon imaginaire. Et après toutes ces années, je suis toujours étonnée de découvrir que l’absence s’estompe peu à peu et que renait mon écriture.

Alors, je redécouvre que l’absence persiste uniquement parce que je laisse l’imaginaire prendre des vacances. Quand je reviens aux mots, ceux-ci m’apportent toujours leur musique qui crée l’histoire, mon histoire, l’histoire des mots et de l’imaginaire.

 

Livre papier ou numérique?

Dans ma vie, les livres sont magiques, ils me font plaisir, m’éduquent, me rassurent, me fournissent des outils pour mieux réaliser ma petite part dans ce monde. Je ne pourrais m’en passer, d’aucune façon. Mais ces jours-ci, alors que la jeunesse du monde se lève avec Greta Thunberg pour nous semoncer d’agir pour les changements climatiques et que l’environnement est enfin une préoccupation pour quelques-uns d’entre nous, il faut avoir l’honnêteté de nous interroger sur les effets de l’édition des livres sur nos arbres, notre eau, notre empreinte carbone. Et faire le cheminement équivalent pour l’édition numérique. Donc, doit-on opter pour le livre papier ou le livre numérique? Ma question vise évidemment à choisir le meilleur rendement pour notre planète.

On peut avoir des préférences. On peut opter pour l’un ou pour l’autre, pour différentes raisons. Mais, je suis désolée de vous apprendre qu’il est extrêmement difficile de trancher et de déterminer quel genre est le plus écologique et le meilleur pour l’environnement. Car il faut évaluer énormément de facteurs. Pour la version papier, on pense au bois et à la déforestation comme premier élément et c’est souvent le seul pris en considération. C’est bien d’y penser, mais trop souvent, l’on tranche avec ce seul facteur en tête. Il faut aussi évaluer l’impact sur l’eau, sur les terres arabes, l’empreinte carbone et parallèlement faire la même analyse pour les livres numériques. Plusieurs auteurs ont déjà fait ce travail, particulièrement cet article, sur le site de Consoglobe qui est très complet. Même s’il est paru en 2015, il reste encore d’actualité, car le souci d’éliminer les dangers écologiques n’est pas vraiment planétaire et les actions notables pour en diminuer les impacts ne sont pas légion. Et c’est peu dire! Allez y jeter un coup d’œil: https://www.consoglobe.com/livre-papier-vs-livre-numerique-lequel-est-le-plus-ecolo-cg/3.

D’un autre côté, ce n’est pas parce que c’est numérique que l’on peut avoir la conscience tranquille. Il y a de forts dommages faits à l’environnement à cause des minerais rares nécessaires à la fabrication des liseuses et des tablettes électroniques. La durée de vie très limitée de ces appareils permettant la lecture des ebooks est le talon d’Achille du genre.

Alors, finalement, livre papier ou livre numérique? Je crois que l’un et l’autre sont tout aussi dommageables pour l’environnement, en l’état actuel des choses. Alors, autant choisir ce qui nous plait. Cécile Neuville, sur son site « Des livres pour évoluer » fait une comparaison très juste et objective entre les deux genres. Je vous invite à y faire une petite visite: http://des-livres-pour-evoluer.com/livre-numerique-ou-livre-papier/.

Les livres ont toujours accompagné mon quotidien, d’aussi loin que je me souvienne. Je me sens riche quand j’achète un livre et que je commence à le lire. Il m’appartient et je m’y insère dedans avec délices. Je n’ai jamais ressenti ce phénomène quand j’empruntais des livres à la bibliothèque. Je ne regrette pas les années où il m’était impossible de me payer les livres que j’aurais voulus, car j’avais la possibilité de me les procurer à la bibliothèque municipale. Mais le privilège d’avoir en mains un livre qui m’appartienne me procurait (et me procure encore) une satisfaction sans bornes. Jamais aucun autre achat ne m’a procuré un tel sentiment de pérennité, de plénitude, de pur bonheur qu’un livre.

Et qu’importe la façon dont vous ferez vos lectures et le format que vous utiliserez, continuez à lire, tout au long de votre vie. Il n’y a pas de meilleur moyen de traverser le temps. Pour ma part, le livre est mon meilleur ami. Il est toujours bienveillant, il m’apporte toujours quelque chose de plus dans ma façon d’estimer la valeur de la vie, il agrémente mon quotidien, il m’amène à des voyages merveilleux et des rencontres amusantes, surprenantes, enrichissantes. Longue vie aux livres papier, numériques et audios. Et profitez-en, sans compter.

Il était une fois…

«Vous pouvez raconter une histoire qui va s’ancrer dans l’âme de quelqu’un, devenir son sang, son être, sa raison de vivre. Cette histoire va l’émouvoir, le galvaniser, qui sait ce dont il sera capable grâce à elle, grâce à vos paroles.»
 (Le cirque des rêves, Erin Morgenstern)

Toutes les plus belles histoires de mon enfance commençaient par ce début magique: il était une fois… Sinon, c’est moi qui chantais ces mots dans ma tête avant une histoire. Et encore aujourd’hui, chaque fois que je lis ou j’entends ces quelques mots, je me sens dans un état fluide, ludique, prête à l’aventure. Les mots ont toujours représenté pour moi la magie, l’invraisemblable beauté du monde et toutes ses possibilités, même les plus folles. Car en plus de raconter, les mots sont comme un tableau pour moi, ils sont beaux, enchanteurs, merveilleux. Mais, si en plus, ils s’évertuent à me raconter une histoire, alors là, je suis sans voix et je me laisse conquérir.

Les mots racontés me téléportent vers cette émission de mon enfance diffusée par la société d’État, Radio-Canada, qui a bercé mes rêves d’enfance: Franfreluche de la Boîte à surprises. J’y ai découvert le rêve, l’imprévu, l’inattendu. J’y ai connu la beauté, la folie et le rire merveilleux de cette Kim Yaroshevskaya qui incarnait ce personnage de poupée non conventionnelle. Alors, dès ces instants, j’ai rêvé intensément d’écrire mes propres histoires, un jour. Et je dois ce rêve, réalisé aujourd’hui, à Kim et Franfreluche.

À lire, sur cette émission culte, un excellent article publié par Le Devoir, en 2002. C’est ici.

Je fais partie du créneau des personnes âgées, selon les échelles d’âge. Mais dans ma tête et mon coeur, je me suis arrêtée de compter autour de la quarantaine. J’ai toujours eu la conviction qu’on a l’âge que l’on veut, même si parfois notre corps nous rappelle la réalité, mais c’est une tout autre histoire. J’ai toujours cru au Père Noël et à sa magie. Et je crois qu’il faut se raconter des histoires, aimer, espérer et imaginer l’impossible dans toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. C’est ainsi qu’on peut vraiment avoir le goût de se lever le matin, excité et avide de connaître une autre aventure pleine de surprises, de joie et d’amour. 

La patine de l’usure

«La lumière suscite la réflexion tout autant que ce qui est noir. Nous pouvons découvrir beaucoup de choses sur nous-mêmes en regardant la beauté.»
(Louise Penny)

Dans mes séances d’écriture, j’essaie de trouver du renouveau et des défis, même si la façon de faire se répète d’un projet à l’autre. J’essaie d’éviter de m’incruster dans une zone de confort trop complaisante. Du moins, j’essaie. Mais c’est parfois l’usure du temps qui fait son œuvre. J’ai beau espérer un désir de résistance et de solidité, la lassitude fait parfois son œuvre et dégrade mon plaisir. C’est pourquoi, malgré cette usure inévitable, j’aime me rappeler que devant l’usure s’étale la patine. J’aime voir cette oxydation sur les statues de bronze,  les toitures ou le revêtement en cuivre de certains bâtiments au Québec. J’aime profondément cette patine qui leur apporte un brin de respectabilité. C’est le temps qui s’installe, c’est le bienêtre qui prend sa place, qui s’incruste et fait son nid. J’aimerais laisser derrière moi une douce usure qui enlève le clinquant et préserve le velouté. La patine, c’est la délicatesse, la tranquillité tout en finesse.

Quand j’aurai réussi à écrire de cette façon, j’aurai atteint mon but. Les livres ont toujours été pour moi des façons de voir le chemin qui a du cœur. Dans mes choix de romans, j’aime trouver une route de remises en question, des façons de me secouer, le beau dérangement. Et je souhaite ardemment qu’un de mes livres procure ce stimulus ou cette confirmation du sentiment d’être sur la bonne route. Si mes mots peuvent fournir une petite veilleuse, alors j’aurai atteint le but que je me suis fixé dans mes recherches et mes propres découvertes. 

Et c’est dans le partage que la patine prend son sens. C’est en nous offrant son passage du temps qu’elle peut nous permettre d’y trouver une saveur justifiant de continuer la route et d’y apporter notre contribution. Nous sommes tous friands d’actes sensés et signifiants. Nous espérons tous ne pas travailler en vain. Même si nous n’en faisons pas des engagements formels, il est rassurant et satisfaisant de croire que notre brique apporte une petite complicité à cette construction humaine qu’est la vie. 

Alors, chaque fois que je prends acte de mon concours à ce monde magique des mots, j’espère continuer à m’en délecter. Je veux y trouver du sens, mais surtout du grand plaisir. Car si je n’y trouve pas de la joie, le tout sera surfait et je ne pourrai jamais découvrir ma pépite. Ce n’est pas en essayant de faire sa trace qu’on peut vraiment s’épanouir et créer sa voie. Il n’y a pas de façon unique, de loi absolue pour créer sa patine. Il ne faut que se donner du temps et la possibilité réelle, voire la permission de se tromper. Alors, la sincérité se faufile et crée l’aura de la délivrance dans une explosion de lumière: la patine de l’usure.

L’écriture dans la joie

Écrire des sujets joyeux. Écrire dans la joie. Écrire avec joie. D’accord. Mais les sujets choisis dans nos romans ne sont pas toujours positifs. Ils ne nous rendent pas toujours satisfaits et heureux. De plus, comme dit l’adage: les gens heureux n’ont pas d’histoire. Il faut parfois aborder des thèmes et des sujets détestés de tous les lecteurs, dans un désir de témoignages, de partage, de compassion. Et j’avoue qu’il arrive même parfois, que ce sont les personnages qui imposent un passage obligé et que l’auteur·e n’en est que la transmission. Alors, comme on choisit d’écrire, il est possible aussi de choisir le ton du contenu. Ou à tout le moins, l’auteur·e choisit la façon de le dire et de le traiter. Si bien, qu’il est possible d’avoir des sujets joyeux avec certains passages plus difficiles, sombres ou ombrageux. 

Même si je suis auteure moi-même, je suis une bonne lectrice. Dans le sens où je m’insère dans une histoire, je joue le jeu et tout comme l’auteur·e, je fais les exercices du «comme si…» et/ou «et si…». J’aime la fiction, les extravagances ou les exagérations. J’aime connaître des personnages sympathiques, désagréables, menaçants, déstabilisants. Mais, inconditionnellement, je n’aime pas les fins négatives, noires ou tristes. Je suis une positive dans la vie. Et tout ce qui est choisi dans ma vie penche vers ce côté du prisme. 

J’ai encore souvenir d’une lecture d’un polar d’une auteure que j’adore qui a fait mourir un personnage, quand même plus que secondaire, et j’en ai été traumatisée. Parfois, on sent venir la mort d’un personnage, on pressent qu’il va se sacrifier. Mais ici, je parle d’autre chose, je parle d’une mort non prévue dans ma tête, un personnage qui est assassiné sans qu’on s’y attende. Et j’en suis encore perturbée. Beaucoup de frustration (parce qu’il y a quelque chose que j’ai complètement laissé passer pour ne pas avoir senti venir cela) ou le sentiment de trahison aussi (le choix de l’auteure m’a fait l’effet d’une trahison), comme si elle avait tout fait pour que je m’y attache, et me l’enlève ensuite, sans crier gare. Depuis ce jour, je ne lis plus jamais un polar de la même façon. Je ne fais comme plus confiance à l’auteur·e. J’ai comme perdu ma naïveté précieuse de lectrice, me permettant toujours d’être prise dans l’histoire, plutôt qu’en faire l’analyse. Et ça me dérange joliment.

Alors, je pense que la joie dans l’écriture, c’est un peu la même histoire qu’en lecture. Il faut qu’il y en ait de la joie, pour que le plaisir décuple. Sans que l’histoire soit cucul, ou qu’on la qualifie d’histoire à l’eau de rose. Un brin d’optimisme et de beauté n’a jamais mis en danger une histoire. Dans la vie, on peut voir le verre à moitié plein au lieu du verre à moitié vide. J’aime la plénitude. Je la préfère, et de loin, aux problèmes sans solutions, aux aventures létales et autres génocides de ce monde. J’aime la vie. Et je veux lire la vie. On peut trouver la lumière dans sa vie, suffit parfois de juste trouver les couleurs qui nous accompagnent, tout comme ceux qui la partageront. C’est pourquoi j’ai un profond désir d’écrire d’abord et avant tout le sens de la vie. À chacun son chemin. 

L’important c’est la route

«Souvent, la fin de l’histoire n’est pas une fin, la boucle n’est pas bouclée, du coup le sens de l’histoire est à chercher non dans son dénouement, mais dans son déroulement tout comme le sens de la vie.» (Nancy Huston)

Dans notre vie active, la plupart des professeurs, des leaders et ceux qui prennent le pavé se sont bien évertués à nous faire comprendre que dans la vie il faut avoir un ou des buts. Tous jeunes, nos enfants apprennent que ceux qui font de grandes choses ont axé leur vie sur ce but ultime. Mais quand on aime beaucoup de choses, que l’on préfère la variété et les jours différents, il est très difficile de se faire prendre au sérieux. Et il m’est arrivé de me faire dire qu’on ne peut pas bien faire plusieurs choses à la fois dans la vie. Comme s’il n’y avait qu’une seule bonne chose pour nous. Quelle galère!

Être obligée de choisir et être libre de choisir, ce sont deux choses bien différentes. Je l’ai appris, il n’y a pas si longtemps. Le premier choix laisse croire qu’il ne faut pas hésiter, qu’on doit laisser de côté bien des options pour ne choisir qu’une seule opportunité. Être libre de choisir, prône la liberté, n’est-ce pas? Elle permet d’opter pour différentes avenues et d’y trouver plusieurs satisfactions, chacune apportant un bienêtre différent des autres. C’est l’essence même de la vie: pouvoir goûter à des saveurs complémentaires, des visions même parfois opposées et surprenantes. Et c’est de là que souvent, la curiosité s’installe, d’année en année.

En écriture, il en va de même. La liberté — et l’instinct aussi — est omniprésente dans chaque choix de mots, de personnages ou d’événements. Et pourquoi choisir une seule route, quand on peut embrasser différents parcours? Pourquoi se contenter d’une seule couleur? Ce n’est pas meilleur qu’une seule route, c’est simplement différent. Peut-être un peu moins intense, moins passionné, et pas nécessairement. L’intensité, c’est la personne elle-même qui l’apporte. Pas nécessairement l’option en soi. C’est la façon d’aborder les choses qui module l’ardeur et la profondeur de la sensation ressentie. La passion c’est pendant la route, pas nécessairement au bout.
Dans mes romans, les fins ne sont pas spectaculaires. Je m’en accuse si pour vous, c’est absolument essentiel. Mais ça vaut la route. C’est là où mes personnages vont et on partage leur vision. Ainsi, le dénouement devient satisfaisant. Je vous invite d’ailleurs à lire le texte que j’ai déjà écrit sur la -Fin-. C’est ici.

lilitherature.com

Tout est littérature

Polygone-Portail

Un site rond-point

Ma beauté chimique

Quand la beauté se mêle à la chimie ...

Cinq petites secondes

Pour tout décrire. Et puis c'est marre.

kathleen brassard

Auteure thriller policier

Mots en Bulle

L'écriture, c'est la liberté de sélectionner les mots. De choisir le quoi, le où, le pourquoi et le comment. Libre de choisir.

Actu Du Noir (Jean-Marc Laherrère)

« Quand j'ai finalement rattrapé Abraham Trahearne il était en train de boire des bières avec un bouledogue alcoolique nommé Fireball Roberts dans une taverne mal en point juste à la sortie de Sonoma, en Californie du Nord ; en train de vider le coeur d'une superbe journée de printemps. » James Crumley (Le dernier baiser)

Cultur'elle

Happycultrice. J'habite poétiquement le monde.

Jeux de mots et d’images

Le blogue personnel de Clément Laberge

L'Écriturien

« Épouse le présent, ne te marie jamais avec le passé. »

Une liseuse & des polices

Quelles polices installer sur une liseuse ?

EmOtionS - Blog littéraire

Chroniques, interviews, salons, classements... Romans noirs, thrillers, polars, SF, fiction...

www.lestribulationsdecoco.fr/

Lecture, Running, Tricot mais pas que ...

Le fil rouge

Les livres qui font du bien

Julie lit au lit

Art de lire & Alphabétisation

lacavernedupolar.wordpress.com/

Le blog des passionnés de polars, romans noirs & thrillers

Les Mots clairs

Je t'aide à mieux communiquer par écrit.

%d blogueurs aiment cette page :