L'écriture, c'est la liberté de sélectionner les mots. De choisir le Quoi, le Où, le Pourquoi et le Comment. Libre de choisir.

Archives de août, 2015

C’est la rentrée!

C’est la rentrée pour la plupart des travailleurs, pour nos élèves du primaire et du secondaire ainsi que pour tous les étudiants des cégeps et universités. L’automne nous offre un été tardif ce qui n’aide pas vraiment à nous donner le goût du retour au travail. Mais, c’est la fête des « over all » comme disait mon père! Go go go! On y va! D’ailleurs, avec la détermination des syndicats des enseignants et de la fonction publique du Québec, relativement à des conventions collectives échues et des négociations qui tardent à trouver un terrain d’entente, il est clair que nous aurons un automne chaud!

Quoique je sois officiellement à la retraite depuis quelques mois, c’est malgré tout également ma rentrée et toute une! En effet, je viens de me commettre! J’ai vraiment osé réaliser le rêve que je caresse depuis 36 ans. Dans quelques semaines, je peux voir en ligne l’objet de ma fierté: l’édition numérique de mon premier roman! C’est un rêve depuis 1979. En effet, cette année-là j’arrive en Charlevoix avec deux valises et un sac de dictionnaires pour le projet avoué d’écrire un livre. Et j’ai livré la marchandise. Je l’ai écrit ce livre. Ainsi que plusieurs contes, plusieurs nouvelles, quelques romans, des chroniques diverses. En fait, je n’ai jamais cessé d’écrire mais je ne me suis jamais rendu au bout du processus de voir le tout publier. Car j’ai soumis plusieurs de mes manuscrits à l’industrie, mais ils étaient refusés par les maisons d’édition.

Et lentement, je me suis découragée. J’ai continué d’écrire, mais pour ma satisfaction personnelle. J’ai écrit quelques articles pour des magazines, publié un conte de Pâques pour enfant dans l’Hebdo régional. Mais, malheureusement, j’accusais déception après déception dans mes demandes d’édition. J’ai toutefois persévéré. Je n’ai jamais cessé d’écrire. Et de plus, j’ai suivi des ateliers d’écriture, des cours de rédaction et de français, j’ai travaillé très très fort. Et aujourd’hui, je récolte ma patience.

Le mois dernier, j’ai décidé de tenter ma chance de publier mais uniquement dans les éditions numériques. Comme je suis adepte de lecture électronique et que j’aime lire plein de nouveaux auteurs, j’ai compris qu’il ne me fallait pas abandonner mon rêve de publier. J’ai donc pris quelques renseignements sur Internet et j’ai écrit quelques courriels à certaines personnes en qui j’avais confiance et voilà. J’ai enfin trouvé mon éditrice préférée: Lucie Brodeur, Les productions luca.

Il est certain que mon blogue a été la première étape à l’aboutissement de mon rêve. Chaque chronique que j’y publiais me donnait de grandes satisfactions d’écriture et d’échanges. Mais j’avoue que de voir mon nom sur la couverture d’un livre en ligne me bercera de fierté et de satisfaction. Moi, Lise Bellavance, issue du milieu ouvrier de la basse-ville de Québec et fière de mes origines de fille de plombier, j’avais toujours assuré que j’écrirais à temps plein un jour. J’ai affirmé également, pendant des années, qu’un jour je serais publiée. Mais j’avoue que je commençais à me décourager. Je commençais à penser que je n’y arriverais peut-être pas! Mais je me refusais de croire qu’on ne peut avoir des projets qu’à 20 ans. Je me refusais de croire que l’on ne pouvait pas créer et continuer à vouloir plonger dans d’autres projets emballants, même si l’on a atteint la soixantaine. Et j’ai eu raison de ma détermination. J’ai eu raison d’y croire. Parce c’est réel maintenant.

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Lâcher prise

Je viens de lire la chronique de Patrick Lagacé à La Presse en ce samedi : La ruelle. Le papa journaliste raconte comment un parent doit lâcher prise sur la surveillance de sa progéniture, comment laisser ses enfants découvrir le monde, combien difficile est cet apprentissage du parent, si essentiel pour l’enfant.

Cela me rappelle combien fut éprouvant toutes ses séparations avec mes enfants, pas à pas, différentes avec chacune et chacun. Comme disait ma mère: « Les enfants se suivent et ne se ressemblent pas ». J’aurais presque envie d’échanger le mot « enfant » par celui de « parent ». Parce que autant de philosophie que de parents. Nous avons le blâme facile dans cette petite société québécoise. Et surtout, on accuse bien facilement autre que soi. Alors j’ai également péché en ce sens. Et je m’en repens. Car, être parent n’est pas facile et ne nous donne pas l’absolution d’emblée. Il faut voir nos enfants adultes pour comprendre combien nos décisions quotidiennes ont, auront ou ont eu des incidences sur leur vie d’adulte. Mais, voilà, comme parents, il nous faut apprendre à vivre avec nos victoires mais avec nos échecs aussi. Apprendre qu’on ne peut être responsable de tout. Comprendre que nos enfants ont également leur chemin à faire pour vivre leur vie en dehors de la nôtre. Tout comme nous l’avons fait nous-mêmes. Et plus souvent qu’à notre tour, si je me fie à ma vie personnelle.

Alors de voir un père ressentir les mêmes déchirements que j’ai vécu profondément comme mère quand mes petits étaient encore autour de moi, je ressens une grande satisfaction, voire un immense contentement. Car, même si ce sont des moments d’angoisses, c’est également la magie de l’enfance, la lumière de la vie. Et j’ai toujours trouvé dommage que les pères se retirent souvent de ce monde magique de l’enfance de leurs enfants, pour ma génération du moins. Le travail prenait le pas sur tout. Et je pense que la majorité des pères ont passé à côté de beaucoup de merveilles. Même si mon conjoint fut un père très présent, le travail prenait beaucoup de place. Et aujourd’hui je me rends compte que la société d’aujourd’hui est encore pire qu’il y a 20 ans. Le travail est prépondérant pour tous les adultes. La vie de famille s’ajoute au moment où souvent le couple est essoufflé. On n’a pourtant qu’une vie! Mais on le découvre souvent bien tard… Mais revenons à nos moutons, je m’égare.

J’ai toujours pensé profondément que le job premier d’un parent c’est d’apprendre à ses enfants à ne plus avoir besoin de ses parents. Avoir le goût de partager des moments ensemble, par pur plaisir, oui! Mais ne plus en avoir besoin pour sa sécurité, son harmonie et son bien-être. Et cela commence le jour où l’enfant part tout seul pour le parc ou la ruelle de la rue voisine. Ou plutôt cela commence le jour où le parent dit oui au besoin d’émancipation de son enfant. Et quoique bien difficile, c’est l’unique chemin de la vie.

J’ai réussi ces lacher-prises quotidiens antérieurs mais je travaille encore très fort pour réussir à lâcher prise dans ma vie personnelle. Apprendre à ne plus tout vouloir contrôler. Accepter mes faiblesses et surtout accepter d’être dépendant de l’autre, parfois. Ce n’est pas facile pour qui a toujours été autonome et libre. Mais cela fait partie de l’apprentissage de la vie adulte. Rien n’est possible dans la découverte si le lâcher-prise n’est pas partie prenante de chaque minute de notre vie. Car aujourd’hui existe uniquement parce que hier n’est plus. Je médite là-dessus quotidiennement. Les choses changent. Il faut s’adapter et, surtout, apprendre à lâcher prise.

 

 

kathleen brassard

Auteure thriller policier

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