L'écriture, c'est la liberté de sélectionner les mots. De choisir le Quoi, le Où, le Pourquoi et le Comment. Libre de choisir.

Depuis quelques années, la résilience est à toutes les sauces. Mais d’abord, laissez-moi vous dire qu’une personne résiliente mérite notre respect puisqu’elle vit des moments catastrophiques dans sa vie, qu’elle ne se laisse pas abattre, qu’elle réussit à se relever et à continuer. Là n’est pas mon propos. Mais, je trouve que l’on sur-utilise ce mot dans la vie. Et malheureusement, il perd ainsi de sa valeur réelle et devient banal, tout comme l’événement en lui-même.

Selon Le Robert Dixel pour iPad, voici la définition que l’on y retrouve de « résilience »:

résilience [ʀeziljɑ̃s] nom féminin
(famille de résilier)
1. phys. Valeur caractérisant la résistance au choc d’un métal.
2. psych. Capacité à surmonter les chocs traumatiques.

Selon Wikipédia, la résilience désigne « la capacité pour un corps quelconque à retrouver ses propriétés initiales après une altération. »

Personnellement, je préfère cette dernière définition.

Au travail et à tous les niveaux de la société, dans les groupes professionnels et au sein de différentes organisations, on abuse du mot « résilience ». On l’utilise partout et dans tous les contextes, c’est devenu plus qu’un mot, c’est un concept en soi. Et je pense qu’il est devenu un terme bouche-trou.

La résilience, c’est d’abord et avant tout la capacité de sortir indemne et plus fort des situations traumatiques qui traversent notre vie. C’est beaucoup plus qu’une simple adaptation au changement. Mais c’est le sens qu’on veut lui donner aujourd’hui dans le milieu du travail. On veut même nous faire croire que la résilience est l’adaptation au stress.

Aujourd’hui, les travailleuses et les travailleurs vivent au quotidien les surplus de travail, les pressions exagérées à produire toujours davantage dans un temps de plus en plus court, quand ce n’est pas littéralement « faire plus avec moins ». Félicitons haut et fort les plus dociles qui survivent! On les dit « résilients ». Alors, la résilience commence à perdre son sens premier « d’adaptation suite à un traumatisme ». À moins que le travail soit devenu un traumatisme constant? Ce qui n’est peut-être pas tout à fait idiot…

Mais revenons à nos moutons: et si leur résilience était un piège?

Et si leur résilience était une façon de nous contrôler? De nous faire croire que s’adapter à tout prix était la seule façon de prouver notre compétence et notre intelligence?

Et si cette résilience était, pour les patrons, la façon de créer un monde avec seulement les plus dociles, les individus aptes à se laisser-faire, à tout accepter, à se laisser mener par le bout du nez de l’ambition maladive de certains dirigeants?

L’apprentissage (ou le mérite…) d’un travail, ne devrait pas être une capacité de faire face à tous les abus et mal gérance de l’organisation d’une l’entreprise. Aujourd’hui on coupe des postes, on distribue les ajouts de tâches parmi les travailleurs, on ne remplace plus les congés ou les absences et on exige de tous de la « résilience ». Mais le sens réel, le sens premier et le sens intelligent du mot « résilience » est celui-ci: « La capacité pour un corps quelconque à retrouver ses propriétés initiales après une altération. » Alors qu’en dites-vous? Et si nous retrouvions tous notre propriété initiale et refusions d’être résilient?

Et si on créait un mouvement anti-résilience? Si on ré-apprenait à dire NON, nos milieux de travail retrouveraient peut-être leur côté humain? Je dirais même plus: C’est en refusant les aberrations politiques et sociales que nous vivons ces temps-ci que notre société retrouvera le gros bon sens et que nous redonnerons naissance à un milieu de vie sain et harmonieux où il fait bon vivre. Mais, vous et moi, allons-y à échelle humaine, à notre dimension individuelle, chacune et chacun, dans notre vie personnelle.

Aujourd’hui, cessons de croire bêtement que la résilience doit être présente partout et toujours. Parfois, il faut s’insurger à tout prix au lieu d’être résilient. Comme le disait si bien Jean-Paul Sartre: « Être libre,c’est savoir dire non ».

ET VOUS, QU’EN PENSEZ-VOUS? LAISSEZ-MOI VOS COMMENTAIRES.

 

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Commentaires sur: "Délivrez-nous de la résilience" (4)

  1. Bernard a dit:

    D’accord avec toi Lise. Mais à l’horizon se pointe un autre problème. Lorsque tu réussis à dire non, l’autorité se tourne alors vers quelqu’un qui va dire ´oui plus facilement. Cette personne devient surchargée et survient alors un certain jeu d’intimidation. Cette personne devient moins ton compagnon ou compagne de travail et te le fait sentir. Mais je pense qu’il faut le dire lorsqu’on se sent surchargé. Ce serait déjà un bon pas.

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    • Merci de tes commentaires. Effectivement, tu as raison, on assiste très souvent à un jeu d’intimidation. Mais il faut refuser d’y souscrire et obligatoirement repenser à la place du travail dans notre vie. Nous ne sommes pas notre travail. Il ne faut pas « perdre notre vie à essayer de la gagner ». Si on ne trouve pas d’écoute, il faut quitter. Et cette décision n’est pas un geste de défaite mais de liberté.

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  2. D’abord, j’aimerais te féliciter pour ton site. Il est très agréable à lire et j’aime bien ce que tu y proposes.

    Je suis aussi d’accord avec toi à propos de la résilience. J’irais même plus loin. Ce n’est pas à nous à nous adapter à l’environnement, mais bien notre environnement à s’adapter à nous, à nos capacités, à notre identité.

    D’accord aussi pour dire que docile n’est pas résilient, car c’est docile. Chacun son point de vue. Si on préfère être docile, on est pratiquement victime même si l’acceptation est volontaire. Et quand on est victime… on subit, peu importe comment cela se traduit. Parfois par la colère, le chagrin et le plus souvent par la maladie.

    Alors oui au fait de dire non (même avec le sourire) lorsque cela ne nous convient pas. Nous sommes le maître de notre destinée, et c’est à nous de choisir. On peut même dire non à quelque chose, en proposant quelque chose qui serait davantage dans nos cordes.

    Oui, je sais, ce n’est pas toujours facile dans les différents milieux de travail. L’idéal ne semble pas exister, malheureusement. Alors, il reste la formation, la réorientation vers un travail d’entrepreneur ou un travail qui nous ressemble. Ainsi, on a la possibilité de s’associer à des gens qui nous conviennent, afin de tendre et d’atteindre le même but.

    J’ai aussi un article qui pourrait peut-être vous intéresser : http://plein-de-livres.com/se-former/

    Continue ton beau travail, et comme on dit dans la formation que je fais présentement concernant les blogs, c’est long parfois mais ça finit par débloquer pour le mieux. 🙂

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