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Archives de mars, 2015

Délivrez-nous de la résilience

Depuis quelques années, la résilience est à toutes les sauces. Mais d’abord, laissez-moi vous dire qu’une personne résiliente mérite notre respect puisqu’elle vit des moments catastrophiques dans sa vie, qu’elle ne se laisse pas abattre, qu’elle réussit à se relever et à continuer. Là n’est pas mon propos. Mais, je trouve que l’on sur-utilise ce mot dans la vie. Et malheureusement, il perd ainsi de sa valeur réelle et devient banal, tout comme l’événement en lui-même.

Selon Le Robert Dixel pour iPad, voici la définition que l’on y retrouve de « résilience »:

résilience [ʀeziljɑ̃s] nom féminin
(famille de résilier)
1. phys. Valeur caractérisant la résistance au choc d’un métal.
2. psych. Capacité à surmonter les chocs traumatiques.

Selon Wikipédia, la résilience désigne « la capacité pour un corps quelconque à retrouver ses propriétés initiales après une altération. »

Personnellement, je préfère cette dernière définition.

Au travail et à tous les niveaux de la société, dans les groupes professionnels et au sein de différentes organisations, on abuse du mot « résilience ». On l’utilise partout et dans tous les contextes, c’est devenu plus qu’un mot, c’est un concept en soi. Et je pense qu’il est devenu un terme bouche-trou.

La résilience, c’est d’abord et avant tout la capacité de sortir indemne et plus fort des situations traumatiques qui traversent notre vie. C’est beaucoup plus qu’une simple adaptation au changement. Mais c’est le sens qu’on veut lui donner aujourd’hui dans le milieu du travail. On veut même nous faire croire que la résilience est l’adaptation au stress.

Aujourd’hui, les travailleuses et les travailleurs vivent au quotidien les surplus de travail, les pressions exagérées à produire toujours davantage dans un temps de plus en plus court, quand ce n’est pas littéralement « faire plus avec moins ». Félicitons haut et fort les plus dociles qui survivent! On les dit « résilients ». Alors, la résilience commence à perdre son sens premier « d’adaptation suite à un traumatisme ». À moins que le travail soit devenu un traumatisme constant? Ce qui n’est peut-être pas tout à fait idiot…

Mais revenons à nos moutons: et si leur résilience était un piège?

Et si leur résilience était une façon de nous contrôler? De nous faire croire que s’adapter à tout prix était la seule façon de prouver notre compétence et notre intelligence?

Et si cette résilience était, pour les patrons, la façon de créer un monde avec seulement les plus dociles, les individus aptes à se laisser-faire, à tout accepter, à se laisser mener par le bout du nez de l’ambition maladive de certains dirigeants?

L’apprentissage (ou le mérite…) d’un travail, ne devrait pas être une capacité de faire face à tous les abus et mal gérance de l’organisation d’une l’entreprise. Aujourd’hui on coupe des postes, on distribue les ajouts de tâches parmi les travailleurs, on ne remplace plus les congés ou les absences et on exige de tous de la « résilience ». Mais le sens réel, le sens premier et le sens intelligent du mot « résilience » est celui-ci: « La capacité pour un corps quelconque à retrouver ses propriétés initiales après une altération. » Alors qu’en dites-vous? Et si nous retrouvions tous notre propriété initiale et refusions d’être résilient?

Et si on créait un mouvement anti-résilience? Si on ré-apprenait à dire NON, nos milieux de travail retrouveraient peut-être leur côté humain? Je dirais même plus: C’est en refusant les aberrations politiques et sociales que nous vivons ces temps-ci que notre société retrouvera le gros bon sens et que nous redonnerons naissance à un milieu de vie sain et harmonieux où il fait bon vivre. Mais, vous et moi, allons-y à échelle humaine, à notre dimension individuelle, chacune et chacun, dans notre vie personnelle.

Aujourd’hui, cessons de croire bêtement que la résilience doit être présente partout et toujours. Parfois, il faut s’insurger à tout prix au lieu d’être résilient. Comme le disait si bien Jean-Paul Sartre: « Être libre,c’est savoir dire non ».

ET VOUS, QU’EN PENSEZ-VOUS? LAISSEZ-MOI VOS COMMENTAIRES.

 

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Les enfants, une raison de vivre?

Depuis plusieurs semaines, cette phrase sur les enfants circule sur Facebook:

« (…) On leur a donné la vie, ils nous ont donné une raison de vivre. » Je ressens toujours un malaise lorsque je lis ou j’entends ce genre de phrase. Car mes enfants ne sont pas ma vie, même si je donnerais la mienne pour eux. Ils ne sont pas tout ce qui a un sens dans l’univers ni ma raison de vivre. Mais ils ont ajouté un sens à ma vie, une couleur toute nouvelle. Une façon d’être et de vivre axée sur la vie, sur l’essentiel.

Aussitôt que j’ai eu le désir d’être mère mais surtout dès la naissance de mon premier enfant, toute ma vie a changé. Chaque pensée qui traversait mon esprit était analysée scrupuleusement en moi, car je voulais toujours savoir si j’y croyais vraiment, si c’était une valeur profonde en moi-même ou simplement une façon de penser « acceptée » par la société. Mais surtout, je m’interrogeais pour savoir si j’y croyais assez pour la partager à mes enfants. J’avais un désir profond de rechercher les valeurs qui en valaient la peine et de les mettre au centre de mon univers pour les partager avec ma nouvelle famille. C’était comme redonner une raison de vivre à la vie. Tout simplement. Et je les remercie pour ce cadeau.

Quand on interview des femmes d’affaires et qu’on leur demande qu’elles sont leurs plus belles réalisations, elles commencent majoritairement par répondre: ma fille ou mon fils ou mes enfants. D’emblée. Ensuite, elles se permettent de parler boulot. Pour plusieurs, et principalement au masculin, on croit que c’est une faiblesse. Et je crois que c’est pourtant tellement une force extraordinaire. Car d’être mère, relativise bien des choses. Cela nous permet de voir l’essentiel, de prendre le temps de prendre le temps, de se faire confiance et de foncer. Croire et avancer. Voilà ce que m’a apportée ma belle marmaille. Plein de projets de vie, une façon d’être et de penser différentes. Un sens du partage et de la communauté, une intention de douceur et de compassion, un désir profond de changer les choses mais à l’échelle humaine.

Il y a quelques semaines, j’entendais à l’émission Tout le monde en parle de notre télévision nationale, une belle dame dire, au sujet de la conciliation travail-famille (et je paraphrase): « C’est impossible d’atteindre l’équilibre travail-famille. Je gère le déséquilibre ». Quelle trouvaille! J’endosse totalement cette façon de penser. Quand une femme a des enfants, elle est continuellement en recherche d’une « meilleure façon d’être et de faire les choses ». Nous n’avons jamais assez de temps, assez de patience. On se sent toujours coupable de quelque chose. Ça nous empoisonne tellement la vie!

Alors, cessons donc de toujours vouloir faire plus. Faisons « bien » le moment présent, courtisons le maintenant. Assumons nos choix d’aujourd’hui, vivons pleinement avec nos enfants. « Gérons le déséquilibre » avec amour. Le reste: croyez-moi, ça n’a pas d’importance! Ou si peu…

QU’EN PENSEZ-VOUS? LAISSEZ-MOI VOS COMMENTAIRES.

kathleen brassard

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