L'écriture, c'est la liberté de sélectionner les mots. De choisir le quoi, le où, le pourquoi et le comment. Libre de choisir.

Le hibou, mon totem

Depuis ma plus tendre enfance, je suis fascinée par les hiboux et les chouettes. Leur grâce, leur puissance de chasse, leur supériorité la nuit m’ont toujours absolument subjuguée. Lors de mon passage au cégep Francois-Xavier Garneau, dans les années soixante dix, j’ai pris connaissance d’une définition symbolique du hibou comme totem qui m’avait fascinée. Depuis toutes ces années, je me le suis approprié comme symbole personnel. Et pour ajouter un sens quotidien à ce choix, je collectionne maintenant les hiboux ou les chouettes. Et quand le harfang des neiges a été élu symbole aviaire du Québec en décembre 1987, alors là, je vous le confirme, je jubilais!

Dans plusieurs cultures, le hibou représente le négatif: animal nocturne, il signifie le froid, la nuit et même la mort. Mais dans notre culture, au contraire, il est positif et représente la sagesse et la connaissance, mais aussi le surnaturel, la magie et la spiritualité. Tout ce qui me rallie à ce monde en fait. Je ressens plein d’affinités envers le hibou. Comme s’il faisait partie de ma famille. J’aime le grand sentiment de liberté qu’il représente. Et devenir libre est la seule façon de vivre autrement, de maîtriser sa vie, la seule possibilité de trouver un sens à tout ce qui est. Et peut-être un peu aussi, la seule façon de ne pas se perdre totalement, de se reconnecter avec notre spiritualité et la sagesse du monde.

Pourquoi cet engouement pour le hibou? Je ne le sais pas. Peut-être que dans une autre vie j’étais une autochtone, une « squawpoot » comme dit mon chum. Et que dans cette vie « sauvage », vierge de toute pollution civilisée, mon totem était le harfang des neiges ou le hibou. Qui sait?

Parfois, j’aimerais avoir des racines autochtones, pour avoir le vrai motivateur de me battre pour ma communauté. Parce que leur motivation est rattachée à la terre. Aux vraies valeurs. Parce qu’ils ont des racines à la source, au tout début, au vrai début peut-être… Parce que leur combat, au quotidien, est lié à leurs ancêtres, à leur histoire. Parce qu’ils souhaitent avant tout retourner à la source, aux vrais débats, à leur vérité. Et c’est peut-être là que nous nous sommes perdus. C’est peut-être dans cette recherche de ce que nous sommes que le découragement a pris le dessus et que nous sommes tous retourner devant le téléviseur, essayant d’oublier que nous ne sommes plus rien, ni personne.

J’espère de tout coeur que l’on va comprendre très bientôt que ce n’est pas nécessairement dans les grandes causes qu’on se réalise ou qu’on devient quelqu’un. C’est peut-être tout simplement quand on réussit à se tenir debout, un instant, un court moment, une journée. Quand on se choisit. Quand on décide une bonne fois pour toute d’être libre et que rien ni personne ne nous enlève le pouvoir de choisir. Libre de choisir. N’est-ce pas un merveilleux défi? Et si le fait d’y croire très fort permettait que cette liberté s’infiltre en soi et en crée l’aboutissement? « Petit à petit on devient moins petit ».

ET VOUS, QU’EN PENSEZ-VOUS? LAISSEZ-MOI VOS COMMENTAIRES.

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