L'écriture, c'est la liberté de sélectionner les mots. De choisir le quoi, le où, le pourquoi et le comment. Libre de choisir.

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Bof! Demain.

 

Bof! Demain, je le ferai. Puis une autre journée se passe, et il fait trop chaud, la canicule nous épuise, on remet encore au lendemain, l’autre demain, et cetera, et cetera! La procrastination, ça vous dit quelque chose?

J’ai souvent été une spécialiste des raisons de ne pas faire ce qui devait être fait. J’ai aussi un fils qui excelle en la matière! Dans ma liste des choses À faire, je faisais souvent ce qui me plaisait en premier et je remettais à plus tard les corvées désagréables. 

Depuis que je suis à la retraite, j’ai décidé de choisir le plaisir dans ma vie, la joie, les activités agréables et enrichissantes. Alors la procrastination n’est plus un problème pour moi. Une question est devenue absolument vitale chaque jour, maintenant: Est-ce que ça me tente? J’ai appris également à dire Non. Peu à peu. Mais je n’ai pas encore réussi à ne plus me sentir coupable de TOUS mes choix, mais j’y travaille très fort. 

La vie active est laborieuse et souvent difficile, pour tous, à un moment précis de notre vie pour chacun de nous. Rien n’est facile quand on doit toujours performer, faire toujours davantage d’une journée à l’autre, se faire ajouter des tâches autant sur le marché du travail, qu’à la maison, au sein de la famille et des exigences sociales. Aujourd’hui, il faut être en forme, avoir une vie sociale active régulière, aider nos enfants, nos parents, nos grands-parents, nos amis et multiplier les défis à chaque instant de notre vie. C’est essoufflant à la fin! Qui ne rêve pas à un moment de «ne rien faire»? De ne plus rien décider? De se laisser mener aveuglément, le temps de quelques heures?

Alors, je comprends la procrastination. On devrait se donner le droit, parfois, de vivre lentement (connaissez-vous encore ce mot… lentement), on a l’impression de toujours courir. Il serait bien d’avoir aussi l’autorisation de procrastiner quelquefois, sans penser que la Terre va arrêter de tourner ou que l’on devient la pire personne au monde. La société actuelle manque de compassion, on le dit et l’entend souvent. Mais, est-ce que l’on se donne le droit d’avoir de la compassion pour soi?  L’exigence du «Il faut!» brise tout le confort que peut procurer un moment non mis à l’agenda. Un moment d’imaginaire. Un moment de rire. Un moment de méditation. Un moment de respiration consciente. Un seul moment pour soi sans fonction précise si ce n’est de le vivre, là et maintenant. 

Mais soyons honnêtes! La procrastination, c’est aussi un grand pied de nez à ce monde qui oblige chaque individu à passer dans le moule. La procrastination, c’est aussi un refus, un non catégorique de se faire embrigader. Au lieu de faire ce qu’il faut, on vit ce qui est. C’est un sentiment d’avoir encore le droit de refuser d’être une copie plutôt que l’original. 

La procrastination chronique est souvent attirante, car le rythme imposé dans notre monde est souvent un peu excessif, artificiel et imposé de l’extérieur. La pandémie et la pause sociale obligée nous ont permis de réaliser que le monde tel qu’il était avant n’était peut-être pas si merveilleux que cela. Qu’il y avait d’autres façons de faire plus humaines et plus agréables. La vie, ce n’est pas que le travail et les choses à faire. La vie, c’est aussi ce que l’on est.

Alors peut-être qu’il faudrait tous essayer un peu la procrastination pour remettre en perspective chaque mouvement ou chaque geste qui nous semblaient normaux. Car, finalement, ces façons de vivre ne s’avéraient pas les meilleures pour faire de notre vie, une belle vie. Bof! Demain… Ce n’est pas si loin, après tout!

La correction d’un tapuscrit est laborieuse et inévitable. Il faut donc se donner des façons précises de travailler, des procédures. Je vais donc vous partager ce que mes dernières années d’écriture m’ont appris à cet égard

Tout d’abord, je fais une première relecture du tapuscrit, sans corriger rien, juste en notant ce que je trouve comme modifications à faire, ajouts ou retraits nécessaires, etc. C’est aussi une première étape pour me remémorer toute l’histoire. Ensuite, pendant cette première relecture, je fais un résumé de chacun des chapitres. Et à la fin de cette première relecture, je prépare un synopsis qui m’inspirera pour le quatrième de couverture. Cette première relecture terminée, voici ensuite ma procédure de correction.

1. Le point de vue
Il faut porter attention au point de vue tout le long de l’écriture. Dès le départ de l’écriture, il est impératif de le choisir et de s’y ternir, ne pas en changer en cours de route. L’enthousiasme nous fait parfois oublier les règles les plus élémentaires. C’est donc ma première préoccupation pendant la première relecture. Si le point de vue change en cours de route, je le note dans mes commentaires à retravailler.

2. Procédure modifiée
Quand ma première relecture est terminée, j’inscris tous les points que j’ai notés dans ma relecture et je modifie ma procédure. Je l’adapte avec les nouveaux commentaires de cette première relecture, pour planifier correctement l’étape de ma correction.

3. Les personnages
Dans la prochaine étape, je travaille chacun des personnages. Je m’assure que les descriptions sont homogènes et complètes en faisant une recherche dans l’ensemble du texte. Et dans ma relecture, je survole tout le document en ne suivant qu’un personnage à la fois. Je m’assure également qu’ils aient chacun leur personnalité particulière, leurs tics, patois, façon d’être ou de parler. Comme dans la vraie vie, quoi!

4. Les titres
J’aime beaucoup les titres de chapitre, c’est un gros plus que j’ai appris de Lucie Brodeur, l’éditrice de Les productions luca. Plusieurs écrivains ou éditeurs ne font que les numéroter sans leur donner de titres. Je trouve que ceux-ci ajoutent de la personnalité à l’histoire. Mais il faut toujours s’assurer que les titres ne vendent pas l’intrigue à l’avance. C’est comme les quatrièmes de couverture qui révèlent des éléments clés de l’histoire, brisant du coup totalement l’effet de surprise et du suspense de l’intrigue. Il est essentiel de garder quelques éléments qui motivent à tourner la page suivante de notre livre et à se rendre au bout de l’histoire.

5. Les émotions
J’aime que mes personnages soient vivants et qu’ils aient des émotions réelles. Et la façon dont ils font face à ce qui leur arrive doit aussi correspondre à leur personnalité. Je travaille dès le début soigneusement chacun des personnages. J’ai des fiches personnages très détaillées. Elles ne sont pas toujours remplies en totalité, mais j’y note tout, c’est utile en références pendant l’écriture. Chaque événement doit aussi susciter des émotions diverses (la peur, la joie, la tristesse, la colère, la rage, la méchanceté et la bonté). Tout comme les personnages ne sont pas à 100% bons ou mauvais, il faut nuancer chacune et chacun. Les gens ont tous des qualités et des défauts, des forces et des faiblesses. Les personnages aussi. La relecture sert à doser ces éléments un peu partout dans l’histoire.

6. Le langage
Considérant l’univers que l’on crée dans notre histoire, le langage de nos personnages doit être conséquent. Qu’un roturier ait un langage châtié ferait grincer bien des dents et l’inverse tout autant. Des expressions existent dans tous les univers, encore faut-il les attribuer aux bons personnages. C’est ce qui donne la crédibilité ou non aux personnages et à l’histoire. Chaque personnage ne parle pas de la même façon, tout comme dans la vraie vie. C’est le temps de leur attribuer des tics, de bonnes ou mauvaises habitudes, des défauts désagréables ou des éléments sympathiques qui colleront à ce qu’ils sont.

7. L’écriture
Dans la relecture, c’est le temps de choisir les bons mots, de traiter des couleurs, des sons, des sensations et des odeurs, de peaufiner les descriptions. Il faut une relecture précise juste pour ça. Après avoir passé chaque chapitre sur le logiciel Antidote pour corriger les fautes, il faut s’attarder sur la syntaxe et l’écriture en général. Les descriptions doivent nous montrer ce qu’on ne peut voir et recréer des atmosphères et des sensations qui nourrissent l’intrigue. Il faut y accorder une attention bien particulière, sans en faire des longueurs à n’en plus finir juste pour le plaisir de prouver qu’on sait bien manier la plume. Une trop longue description peut complètement atteindre le contraire de ce qui est recherché. Si l’auteur.e a bien configuré son logiciel d’Antidote (il faut aller dans les paramètres et choisir ce qu’on veut qu’il nous signale), il aura déjà de très bonnes pistes dans la relecture du texte. Ne pas hésiter à lire à voix haute, les sons entendus doivent être agréables à l’oreille et ne pas être cacophoniques. Un autre truc appris par une collègue de travail, il y a plusieurs années,  consiste à lire un paragraphe à l’envers, phrase par phrase, de la dernière à la première, pour ne pas se laisser distraire par l’histoire, mais ne s’attarder qu’au peaufinage de l’écriture et à la recherche des fautes. 

8. L’intrigue
S’assurer dans la relecture de noter les conflits et les intrigues secondaires pour vérifier si à la fin on en conclut les éléments. Une intrigue laissée en suspens fait brouillon. Chaque personnage a sa propre vie dans le roman et il doit trouver ses solutions, bonnes ou mauvaises. Mais il faut conclure chacun des conflits soulevés pendant l’histoire. Ou bien, si l’histoire est contenue dans plusieurs livres, il est possible de terminer un tome sur une intrigue non résolue tout en préparant le lecteur pour le prochain livre, mais sans rien oublier des ficelles laissées en suspens.

9. L’incipit et l’excipit
L’incipit (le début d’une histoire) et l’excipit (la fin de l’histoire) doivent être particulièrement travaillés soigneusement. Le début d’un livre doit accrocher le lecteur dès la première page, sinon plusieurs fermeront le livre et n’en liront pas davantage. La fin d’un roman est pour sa part la dernière impression que gardera chacun.e. C’est d’une importance capitale d’y accorder une attention minutieuse. Il existe des centaines de sites qui vous en parleront. Prenez la peine de faire quelques recherches à cet égard. Vous trouverez tout ce qu’il vous faut sur le Web.

10. Votre instinct
En terminant, n’oubliez pas de faire confiance à votre instinct. J’avais des doutes sur des éléments de mon projet en cours, ce qui m’a fait tourner en rond pendant des mois. C’est pourquoi j’ai décidé de consulter Le Pigeon décoiffé. J’avais des questionnements précis, mais aussi une sensation que quelque chose clochait sans être capable d’en pointer la faille. Et bien, chacune de mes questions était judicieuse. Et tous mes doutes et impressions se sont avérés justes. Je dirais que 75% des commentaires étaient ceux que je croyais. Mais je ne me faisais pas confiance. Ce processus m’a confirmé encore plus qu’il est essentiel de se faire confiance. Pour un premier livre, c’est peut-être différent, il faut avoir de la modestie et de l’humilité. Il y a tellement à apprendre. L’écriture est un métier ardu et comprenant de multiples facettes difficiles d’approche. Mais peu à peu, l’auteur.e apprend, repère, soupçonne, comprend et choisit. L’écriture est le plus beau métier du monde. Il faut y croire et se faire confiance.

L’OBLIGATION

 

 

Même si je suis une personne relativement respectueuse des lois, des règles, des consignes et de beaucoup de traditions, je demeure rebelle dans les obligations. Me faire dire quoi faire et surtout comment le faire me fait souvent grogner et crée chez moi un vent de contestation.

Mon adolescence a été pénible, parce que je n’avais pas vraiment envie d’être la fille parfaite de sa maman, dont les attentes étaient précises et nombreuses. J’ai essayé, dans ma vie, de faire différemment, de trouver ma place et pas nécessairement celle qu’on voulait que je prenne. Mais, il faut parfois s’engager à des règles, un parcours particulier, des façons de faire et de s’épanouir selon nos valeurs. Ce n’est pas tout à fait la même chose que l’obligation. Quand nous sommes libres de choisir, alors tout prend une autre couleur.

En écriture, il y a des règles aussi, c’est évident. Il y a des conventions également. Et surtout, comme partout dans la société, il y a plein de gens qui ont une façon d’imposer leur façon de voir qui me dérange. Heureusement, notre monde contemporain d’écriture apporte précisément une réelle liberté que prennent les auteurs·es dans leur façon d’écrire. Ces années-ci, on trouve de tout (même un·e ami·e!!!). Ainsi, il est plus que facile de trouver sa lecture préférée. C’est une période d’abondance et d’ouverture, c’est la rencontre des genres multiples, d’une immense diversité. C’est la création à son meilleur.

J’ai lu beaucoup de classiques en littérature. Et ce ne fut pas souvent un coup de cœur et pourtant, j’étais de celles qui lisaient de tout, avec ravissement. C’est tout dire! Je dois avouer que les classiques que j’ai vraiment aimés sont plutôt rares. En littérature, quand on parle de classique, on parle souvent du passé, mais d’une époque lointaine. Pourtant, le passé commence hier. Et dans notre monde contemporain, nous commençons à avoir de sérieux classiques. Il serait dommage de ne pas les faire valoir. Et surtout, Québec, n’oublie pas qu’il n’y a pas que « les vieux pays » qui ont fait l’histoire et apporté leur mot…

Les lectures obligatoires existent depuis toujours dans les écoles de tous les pays. Les professeurs de français du secondaire, tout comme les bibliothécaires du système d’éducation au Québec ont donc une responsabilité énorme dans leur choix des livres offerts aux élèves et aux étudiants. Laissons un peu de côté les classiques habituels. Créons des classiques contemporains, au lieu de n’avoir que ceux d’hier à faire connaitre.

Les lectures imposées au secondaire sont nécessaires et sachez qu’elles laissent des traces: elles peuvent rebuter à jamais ou donner pour toujours, le gout profond de la lecture. C’est une grande et belle responsabilité pour tous les professeurs de français, bibliothécaires et amoureux des mots. Un beau problème! Personnellement, j’ai découvert et choisi mes propres classiques. Ceux qui m’ont été offerts à l’école n’étaient pas édifiants. Je vous invite à les découvrir ici.

En écriture, il faut se donner le droit de choisir nos batailles. Une bonne écriture, c’est celle qui permet aux lecteurs et aux lectrices de passer un bon moment, de faire connaissance avec des personnages intéressants qui bousculent la réalité, ouvrent des horizons, permettent de vivre des moments intenses ou ordinaires, d’apprendre ou de reconnaitre la vie. Mais c’est, et ce sera toujours, d’abord, une grande aventure d’un·e auteur·e avec les lettres, les sens et les sons, pour écrire un mot.

Pour écrire un mot ne peut pas ignorer l’événement du siècle qui bouleverse la vie quotidienne de tous: la Covid-19. Et quoi de mieux que mon thème du mois l’Appartenance pour en parler. Bien des effets négatifs nous ont assaillis depuis le début de cette pandémie: la maladie qui se cache partout, la mort qui rôde, l’angoisse de l’inconnu, l’absence de vaccins, le travail de tous menacé, les pertes d’emplois, les commerces et entreprises en péril, les artistes et les artisans sans revenus, les écoles fermées, la vie de famille chamboulée, la solitude, la peur et j’en passe et sûrement des meilleures.

Toutefois, je veux apporter quelques côtés positifs à ce déséquilibre mondial. Il y en a plusieurs, mais trois éléments me sont apparus exceptionnels: une baisse de la pollution, un regain à la responsabilité familiale et sociale et un sentiment très fort d’appartenance.

1. Baisse de la pollution et télétravail
La planète a retrouvé un second souffle depuis que le monde a été mis en pause. Le confinement chez soi a permis aux villes de respirer à nouveau à cause de la baisse significative du trafic routier et du bienfait du télétravail. Alors que notre planète demandait un grand tournant, la vie nous l’apporte sur un plateau d’argent. Il est apparu que le télétravail pourrait être une solution permanente à la pollution en général. Le télétravail à temps plein ou à temps partiel diminue la pollution sur nos routes tout en réduisant les frais d’exploitation pour les entreprises et facilite la vie aux travailleurs.

Si le télétravail perdure, les recherches pour augmenter le nombre des autoroutes, des stationnements, des tours de bureaux ne deviennent plus si essentielles. Les régions reprennent vie puisqu’il n’est plus primordial d’aller habiter la ville pour rejoindre une bonne entreprise. Une grande majorité d’emplois peut se faire de la maison.

Évidemment, un programme pour une libéralisation numérique est absolument nécessaire, mais une multitude d’avantages sociaux s’en suivront. C’est pourquoi il faut sérieusement instaurer un dialogue pour prioriser le télétravail. C’est d’abord une question de modernité, mais c’est aussi une question de survie planétaire.

2. Une responsabilité familiale et sociale accrue
La pandémie a réveillé un sentiment d’inquiétude pour nos pairs, puisque la vie de tout un chacun est devenue menacée. Alors, de plus en plus, les gens prennent des nouvelles de leur entourage. Les membres des familles portent aide et soutien entre eux. Les téléphones, les tablettes et les ordinateurs se font aller à toute vitesse vers tous les horizons, auprès des frères, des sœurs, des parents, des amis, et pas seulement sur Facebook. Il était temps! Depuis des décennies, les lignes de partage et de bienfaisance étaient franchement malades. Les gens s’inquiétaient de leur petite personne, de la productivité de leur entreprise, de leurs acquisitions et leurs nouveaux gadgets. Mais de savoir si tout son monde se porte bien, on repassera!

La pandémie aura eu cela de bon: les familles se ressoudent même si c’est de loin, l’on s’inquiète du bien-être du voisin et réapparait, peu à peu, un sens de la communauté. Ouf! On l’a échappé belle, il était minuit moins une.

3. Un sentiment d’appartenance
La Covid-19 nous a obligés à un confinement. Et ce confinement a permis de redécouvrir la solidarité et la force du nous. Le Québec est solide: à preuve, nous survivons plus que jamais en français, un peuple noyé dans un monde anglophone. On en a vu d’autres! Le Panier bleu explose d’entreprises et de commerces plus innovateurs l’un que l’autre. Et enfin, le Québec a compris qu’en achetant chez nous, il est possible de créer une dynamique qui deviendra gagnante pour tous et pour toutes.

Pourtant, c’est tellement simple d’acheter chez nous! Le réflexe est créé et le processus enclenché. Maintenant, au tour des commerces et des entreprises de nous donner le gout de les encourager et des raisons de continuer à acheter chez nous : en créant un bon produit, à bon prix. Tout le monde est prêt à payer un peu plus cher pour encourager les artisans, les entrepreneurs et les commerçants de chez nous. Mais la majorité des citoyens n’ont pas les moyens (ni le gout, il faut le dire) de payer le double et le triple de la valeur marchande. Il faut être compétiteur. Trouver des façons de faire pour minimiser les couts. Et le télétravail… c’est une bonne solution.

En terminant, permettez-moi de vous dire que je n’ai jamais été si fière d’être Québécoise. Oui, il ne faut pas se le cacher, nous avons des manques et des faiblesses, les CHSLD en sont un exemple éloquent. Mais de l’avouer est déjà un pas énorme vers les solutions qui ne manqueront pas de surgir, j’en suis persuadée. Dirigeons-nous vers le mode action et acceptons de mettre la main à la roue du devenir. C’est toujours facile de critiquer, de questionner les décisions d’autrui et même de chanter à qui mieux mieux Ça va bien aller. Encore faut-il faire partie de la résolution du problème. Ne serait-ce que par notre ouverture au changement. Bienvenue chez vous!

Note: Le déterminant à utiliser est bien « la » devant Covid-19, voir l’article sur le site de l’Office québécois de la langue française.

À chacun son mérite

À chacun son mérite

« Notre plus grand mérite n’est pas de ne jamais tomber,
mais de nous relever  à chaque fois. »
(Ralph Waldo Emerson)

Comme une de mes citations du mois vous le dit ci-dessus, le plus important en écriture, c’est de se relever, d’user de persévérance dans votre projet d’écriture. Il m’est arrivé si souvent de tomber: d’abandonner un projet, de procrastiner et de perdre la foi en mon talent «Pour écrire un mot». Parallèlement, des auteurs nés se sont refusé ce plaisir par manque de modestie. Je connais un journaliste reconnu qui avait un talent fou qui s’est refusé le grand bonheur d’écrire son premier roman tout le long de sa vie probablement pour les mêmes raisons que lorsqu’il avait 20 ans: «Si Proust pouvait me lire, j’en mourrais de honte». Mais Proust est mort, son œuvre vit encore, mais c’est la sienne.

J’ai un mérite qui est le mien: c’est d’avoir osé croire que je pouvais avoir ma place. C’est de n’avoir jamais abandonné. D’avoir su continuer, me relever, même si je suis tombée souvent. Et c’est à la portée de tous. L’important c’est d’agir sa vie, selon ses propres règles, pas selon celles des autres. Trouver sa couleur.

Vous savez, on a toujours dit que la réussite et le succès sont composés de 5% de talent et de 95% de travail. Et j’y crois profondément. Tout le monde est apte à écrire un livre, à peindre un tableau, à prendre une photo, à faire de la poterie, du tricot, des bijoux, etc. Mais de réaliser une œuvre unique qui émeut, qui résonne, qui apporte un plus à la vie de quelqu’un, c’est une autre histoire. Et la seule et unique façon d’y arriver, c’est de travailler très fort, de recommencer, de faire un nouvel essai autrement, de revoir son plan, sa façon de procéder, de ne pas se prendre au sérieux et de toujours voir le résultat final comme un élément perfectible. 

«Cent fois sur le métier,
remettez votre ouvrage.»
(Nicolas Boileau)

Le goût d’écrire, c’est très souvent vouloir faire une différence quelque part. Habituellement, ceux et celles qui écrivent sont des adeptes de la lecture. Et si c’est le cas, vous avez tous et toutes été victimes de fascination face à un livre qui a partagé vos loisirs quelque part dans le temps, qui a fait une différence sur votre façon de lire et même, parfois, sur votre façon de voir la vie. 

Il en est de même pour l’écriture. Chaque plume désire faire une différence. Ne serait-ce que pour une seule personne. Mais il faut travailler. Plus un manuscrit est peaufiné, plus il deviendra en accord avec votre projet de faire une différence. Avec beaucoup de rigueur, un peu de sérieux et du travail à profusion, c’est la récolte du mérite. 

Écrire, c’est facile, ou à tout le moins, accessible à une multitude de gens. Mais dépasser le premier jet, faire en sorte que le produit devienne poli, astiqué et propre, et espérer qu’il soit lumineux pour quelqu’un, alors ça, c’est autre chose. 

Il n’est pas prétentieux de vouloir accéder à cet objectif, d’en faire le but d’un projet d’écriture. C’est au contraire un signe d’une grande maturité. Écrire nous oblige à ce désir de faire mieux, ce besoin de toujours mettre la barre un peu plus haute qu’hier. D’essayer de sortir de sa zone de confort et d’oser. Prendre son temps. Prendre les mots à bras le corps et les propulser vers l’histoire de son choix pour notre plus grande satisfaction d’écriture ou de lecture. C’est le plaisir que je vous souhaite à tous dans ce temps morose de
Covid-19.

 

Je suis de la génération qui a été élevée en croyant qu’il est prétentieux de se vanter, de parler de ses talents, de croire en ses forces et ses aptitudes. Il fallait mettre les autres en avant, se tenir en arrière. Et pour les femmes, on peut multiplier par 10 ou 100 l’ensemble de l’opération. Alors, quand je veux parler de mes livres et de mon désir d’auteure, j’ai toujours un grand complexe d’imposture et j’ai bien « de la misèèèèèèèèère, oh calvaire », comme le dit si bien la chanson de La Chicane. 

Alors le simple fait de vouloir écrire un article sur des trucs pour se prendre au sérieux, j’ai l’impression, encore aujourd’hui, de le faire un petit peu pour me convaincre moi-même. Malgré tout, j’ose et je plonge, car si j’ai eu le courage de créer ce blogue et de faire publier cinq livres, et c’est véritablement le cas, alors je peux bien me prendre un peu au sérieux. 

Si l’on a décidé d’avoir le courage et la persévérance pour écrire un livre et de se rendre jusqu’à l’étape de la vente, c’est qu’il faut se prendre au sérieux et terminer le processus. Alors, dès le début et peu à peu, il faut apprendre, par soi-même, à croire à toutes nos possibilités, à le faire uniquement pour soi et à oser, comme moi, maintenant. 

Alors les cinq trucs pour se prendre au sérieux sont: 

  1. Bannir les JE-NE
  2. Oser
  3. Prendre le temps
  4. Une étape à la fois
  5. Souriez, la vie est belle!

Truc no 1 — Bannir les JE-NE, et ce, à tout jamais de notre vie. Je n’ose pas, je ne peux pas, je ne pense pas que j’y arriverai, je ne me sens pas prête… OUT!

Truc no 2 — Oser. Arrêter de croire qu’il faut trouver la méthode, la façon de faire, le meilleur moyen d’y arriver. Si vous êtes là, maintenant, c’est qu’il y a eu du passé dans votre vie, que vous avez fait des choses qui ont réussi et il ne faut que regarder ces belles choses, vous féliciter d’être arrivé là où vous êtes maintenant et il faut oser le faire à votre manière. Gilles Vigneault a dit: « Tout a été dit, sauf par moi. » Alors, je le paraphrase et vous dis: tout a été fait, sauf de votre manière. Alors, osez. Lancez-vous! Au pire, comme dit l’autre, ça ne marchera pas et personne n’en mourra. Il suffira de recommencer, autrement. 

Truc no 3 — Prendre le temps. Dans le monde où nous vivons en 2020, il faut presque avoir fini les choses avant de les commencer. Nous sommes dans un cycle d’instantanéité. Si l’on texte un ami pour lui demander quelque chose et que dans les 10 minutes, il n’a pas répondu, on est prêt à appeler le 911. On se calme! Respirons un peu par le nez. Prenons le temps de faire les choses.

Truc no 4 — Une étape à la fois. Une belle façon de s’assurer de se rendre au bout de quelque chose, c’est bien de commencer par décortiquer la tâche et d’y aller une étape à la fois. Si l’on prend le processus dans l’ordre, doucement, tout s’imbriquera parfaitement. Et vous arrêterez de stresser pour rien.

Truc no 5 — Souriez, la vie est belle! Écrire, c’est aussi un métier. Il y a des normes, des procédures et des règles souvent très rigoureuses. Et il faut y aller dans l’ordre, essayant de faire de son mieux, dans le temps qui nous est imparti. Quand nous sommes au boulot, le travail s’accumule aussi dans l’agenda. Pourtant, à la fin de la journée, on ferme le tout pour retourner à la maison, même s’il reste encore du travail. Alors, en écriture, on se doit de faire pareil! On ne peut pas tout écrire d’un seul coup. Prenez note de vos idées, si elles vous fatiguent, mais il ne faut jamais oublier qu’il y a la vie, les amis, la famille. Il faut aussi vivre si l’on veut bien écrire. 

Alors oui, il faut se prendre au sérieux. C’est toujours le cas, dans toutes les situations de la vie, pour réussir quelque chose, il faut y croire. Et pour y croire, on doit prendre la situation au sérieux. Idem pour l’écriture. Cesser de croire que seuls les grands ont le droit d’écrire. Beaucoup de grands, qui ont écrit de belles et grandes œuvres, ne sont pas lus. Il faut être crédibles pour donner le gout de lire aux lecteurs. Et plusieurs écrivains lancent de pompeuses maximes tellement obscures qu’on a peine à les comprendre. J’ai omis de terminer des dizaines de livres classiques parce qu’ils m’ennuyaient royalement. Et n’en déplaise aux critiques ou aux grands pontes de la littérature qui déclarent qu’on doit tous les lire avec respect, je leur dis: « Je lirai ce qui m’émeut, m’atteint, me parle. Et j’ai le ferme désir d’écrire de la même façon. »

L’absence

Le cauchemar de la plupart des écrivains·es est le syndrome de la page blanche, mais ma terreur personnelle, c’est l’absence, ce lieu d’écriture de l’imaginaire vide, noir, sans lumière aucune. Le lieu de l’écriture sain, c’est l’imaginaire du vivant au bout de la plume de l’écrivain·e. Il fait partie du challenge des mots, du sens des émotions, de l’avenir d’aujourd’hui. Mais l’absence est présente tout autour de l’imaginaire comme le soleil qui se cache derrière les nuages un jour maussade de novembre.

Cette absence, elle est trop souvent présente aux rendez-vous sombres de nos questionnements qui nous envahissent, nous tourmentent et nous font craindre de ne plus trouver la lumière au bout des labyrinthes noirs qui se pointent à la fin de chaque chapitre. Mais le plus difficile est de ne pas se laisser vaincre par cette absence de limpidité. Il faut continuer à fouiller, à creuser, à chercher le chemin qui a du cœur.

À titre d’auteure, je souhaite ne jamais oublier que l’absence, même si elle m’essouffle et m’exaspère la plupart du temps, ne peut que m’obliger à trouver la meilleure façon de faire surgir l’étoile du matin. Cette étoile unique qui nous fait frissonner de plaisir, parce que sa beauté nous émeut au plus haut point, et nous fait croire qu’il est possible d’y arriver.

À chaque moment où, devant mon clavier d’ordinateur, je me trouve face à l’absence, face à un manque flagrant de solutions dans mon histoire, je sens un obscur découragement m’envahir parce que je découvre mon impossibilité de trouver la route de l’intrigue qui est la mienne. Et je vous assure que je pense que je n’y arriverai jamais. Pourtant, je persiste, je m’assois devant mon Mac, j’ouvre Scrivener et je reprends mon plan, encore et encore. Je modifie ceci, ajoute cela, je décide à nouveau d’écrire, de laisser les mots parler, au-delà de mon imaginaire. Et après toutes ces années, je suis toujours étonnée de découvrir que l’absence s’estompe peu à peu et que renait mon écriture.

Alors, je redécouvre que l’absence persiste uniquement parce que je laisse l’imaginaire prendre des vacances. Quand je reviens aux mots, ceux-ci m’apportent toujours leur musique qui crée l’histoire, mon histoire, l’histoire des mots et de l’imaginaire.

 

Livre papier ou numérique?

Dans ma vie, les livres sont magiques, ils me font plaisir, m’éduquent, me rassurent, me fournissent des outils pour mieux réaliser ma petite part dans ce monde. Je ne pourrais m’en passer, d’aucune façon. Mais ces jours-ci, alors que la jeunesse du monde se lève avec Greta Thunberg pour nous semoncer d’agir pour les changements climatiques et que l’environnement est enfin une préoccupation pour quelques-uns d’entre nous, il faut avoir l’honnêteté de nous interroger sur les effets de l’édition des livres sur nos arbres, notre eau, notre empreinte carbone. Et faire le cheminement équivalent pour l’édition numérique. Donc, doit-on opter pour le livre papier ou le livre numérique? Ma question vise évidemment à choisir le meilleur rendement pour notre planète.

On peut avoir des préférences. On peut opter pour l’un ou pour l’autre, pour différentes raisons. Mais, je suis désolée de vous apprendre qu’il est extrêmement difficile de trancher et de déterminer quel genre est le plus écologique et le meilleur pour l’environnement. Car il faut évaluer énormément de facteurs. Pour la version papier, on pense au bois et à la déforestation comme premier élément et c’est souvent le seul pris en considération. C’est bien d’y penser, mais trop souvent, l’on tranche avec ce seul facteur en tête. Il faut aussi évaluer l’impact sur l’eau, sur les terres arabes, l’empreinte carbone et parallèlement faire la même analyse pour les livres numériques. Plusieurs auteurs ont déjà fait ce travail, particulièrement cet article, sur le site de Consoglobe qui est très complet. Même s’il est paru en 2015, il reste encore d’actualité, car le souci d’éliminer les dangers écologiques n’est pas vraiment planétaire et les actions notables pour en diminuer les impacts ne sont pas légion. Et c’est peu dire! Allez y jeter un coup d’œil: https://www.consoglobe.com/livre-papier-vs-livre-numerique-lequel-est-le-plus-ecolo-cg/3.

D’un autre côté, ce n’est pas parce que c’est numérique que l’on peut avoir la conscience tranquille. Il y a de forts dommages faits à l’environnement à cause des minerais rares nécessaires à la fabrication des liseuses et des tablettes électroniques. La durée de vie très limitée de ces appareils permettant la lecture des ebooks est le talon d’Achille du genre.

Alors, finalement, livre papier ou livre numérique? Je crois que l’un et l’autre sont tout aussi dommageables pour l’environnement, en l’état actuel des choses. Alors, autant choisir ce qui nous plait. Cécile Neuville, sur son site « Des livres pour évoluer » fait une comparaison très juste et objective entre les deux genres. Je vous invite à y faire une petite visite: http://des-livres-pour-evoluer.com/livre-numerique-ou-livre-papier/.

Les livres ont toujours accompagné mon quotidien, d’aussi loin que je me souvienne. Je me sens riche quand j’achète un livre et que je commence à le lire. Il m’appartient et je m’y insère dedans avec délices. Je n’ai jamais ressenti ce phénomène quand j’empruntais des livres à la bibliothèque. Je ne regrette pas les années où il m’était impossible de me payer les livres que j’aurais voulus, car j’avais la possibilité de me les procurer à la bibliothèque municipale. Mais le privilège d’avoir en mains un livre qui m’appartienne me procurait (et me procure encore) une satisfaction sans bornes. Jamais aucun autre achat ne m’a procuré un tel sentiment de pérennité, de plénitude, de pur bonheur qu’un livre.

Et qu’importe la façon dont vous ferez vos lectures et le format que vous utiliserez, continuez à lire, tout au long de votre vie. Il n’y a pas de meilleur moyen de traverser le temps. Pour ma part, le livre est mon meilleur ami. Il est toujours bienveillant, il m’apporte toujours quelque chose de plus dans ma façon d’estimer la valeur de la vie, il agrémente mon quotidien, il m’amène à des voyages merveilleux et des rencontres amusantes, surprenantes, enrichissantes. Longue vie aux livres papier, numériques et audios. Et profitez-en, sans compter.

Il était une fois…

«Vous pouvez raconter une histoire qui va s’ancrer dans l’âme de quelqu’un, devenir son sang, son être, sa raison de vivre. Cette histoire va l’émouvoir, le galvaniser, qui sait ce dont il sera capable grâce à elle, grâce à vos paroles.»
 (Le cirque des rêves, Erin Morgenstern)

Toutes les plus belles histoires de mon enfance commençaient par ce début magique: il était une fois… Sinon, c’est moi qui chantais ces mots dans ma tête avant une histoire. Et encore aujourd’hui, chaque fois que je lis ou j’entends ces quelques mots, je me sens dans un état fluide, ludique, prête à l’aventure. Les mots ont toujours représenté pour moi la magie, l’invraisemblable beauté du monde et toutes ses possibilités, même les plus folles. Car en plus de raconter, les mots sont comme un tableau pour moi, ils sont beaux, enchanteurs, merveilleux. Mais, si en plus, ils s’évertuent à me raconter une histoire, alors là, je suis sans voix et je me laisse conquérir.

Les mots racontés me téléportent vers cette émission de mon enfance diffusée par la société d’État, Radio-Canada, qui a bercé mes rêves d’enfance: Franfreluche de la Boîte à surprises. J’y ai découvert le rêve, l’imprévu, l’inattendu. J’y ai connu la beauté, la folie et le rire merveilleux de cette Kim Yaroshevskaya qui incarnait ce personnage de poupée non conventionnelle. Alors, dès ces instants, j’ai rêvé intensément d’écrire mes propres histoires, un jour. Et je dois ce rêve, réalisé aujourd’hui, à Kim et Franfreluche.

À lire, sur cette émission culte, un excellent article publié par Le Devoir, en 2002. C’est ici.

Je fais partie du créneau des personnes âgées, selon les échelles d’âge. Mais dans ma tête et mon coeur, je me suis arrêtée de compter autour de la quarantaine. J’ai toujours eu la conviction qu’on a l’âge que l’on veut, même si parfois notre corps nous rappelle la réalité, mais c’est une tout autre histoire. J’ai toujours cru au Père Noël et à sa magie. Et je crois qu’il faut se raconter des histoires, aimer, espérer et imaginer l’impossible dans toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. C’est ainsi qu’on peut vraiment avoir le goût de se lever le matin, excité et avide de connaître une autre aventure pleine de surprises, de joie et d’amour. 

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